Coup de froid sur la croissance allemande

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L'Allemagne a enregistré une croissance atone au dernier trimestre 2005 en raison d'une consommation domestique en berne et du déclin de la production industrielle. En revanche, la reprise de l'investissement industriel est de bon augure pour la croissance à venir. La zone euro n'a enregistré qu'une croissance de 0,3% fin 2005.

Comme la France vendredi dernier, l'Allemagne a fortement déçu ce matin à l'occasion de la publication de sa croissance du dernier trimestre 2005. Le produit intérieur brut (PIB) allemand a stagné en raison du recul de la consommation et de la production industrielle. Ces chiffres provisoires publiés par l'office des statistiques de Wiesbaden (Destatis) s'avèrent bien en deça des attentes des économistes du consensus recueilli par Bloomberg, qui tablaient sur une progression de 0,2%. Sur un an, la croissance allemande s'établit en hausse de 1%.

Au troisième trimestre, le PIB avait augmenté de 0,6%, après 0,3% au deuxième et 0,6% au premier. "Cette stagnation au dernier trimestre n'est pas une si mauvaise nouvelle", estime malgré tout Sylvain Broyer, analyste chez IXIS. Bien que le commerce extérieur ait contribué de façon marginale à la croissance, les exportations ont atteint un niveau record et les importations ont été tirées par la reprise de l'investissement industriel. "Les investissements, en particulier dans le bâtiment, ont apporté des impulsions positives pour la croissance comparé au trimestre précédent", a d'ailleurs souligné le bureau des statistiques. Quant à la demande intérieure, sa contribution était légèrement négative (-0,1%), mais sa composition, tirée par les investissements industriels et le secteur du bâtiment, est de bon augure pour la croissance à venir.

"Nous maintenons donc une prévision de 0,4% au premier trimestre de l'année 2006", indique Sylvain Broyer. La tendance devrait se poursuivre dans le secteur du bâtiment, alimentée par les contrats publics liés à la Coupe du monde de football, tandis que la consommation des ménages devrait renaître progressivement de ses cendres grâce à une amélioration prévue du marché de l'emploi. Un avis que partage Ken Wattret, économiste chez BNP Paribas. "Nous anticipons toujours une coissance en V: ce ralentissement marque simplement une pause entre la forte croissance du troisième trimestre et le rebond attendu au premier trimestre 2006", estime l'économiste. Le détail du PIB sera publié par Destatis le 23 février. A regarder de près.


La croissance de la zone euro limitée à 0,3% au dernier trimestre 2005
Après les publications décevantes des PIB français et allemand, le ralentissement de la croissance de la zone euro au quatrième trimestre 2005 n'est pas une surprise. Son PIB a progressé de 0,3%, contre 0,6% au trimestre précédent, selon une première estimation publiée ce matin par l'office européen des statistiques Eurostat. Sur un rythme annualisé, le PIB a augmenté de 1,8%, comme au troisième trimestre. Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a jugé la croissance de la zone euro "décevante", mais affirmé que les ministres des Finances restaient optimistes sur les perspectives pour l'année 2006. Son anticipation de croissance devrait être maintenue à 1,9%.

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