Le regain d'inflation aux Etats-Unis fait peur aux marchés

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Sur un an, les prix à la consommation ont augmenté de 3,5% en avril et l'indice de base a progressé de 2,3%. Si la Réserve fédérale souhaitait marquer une pause dans son cycle de hausse des taux, cette nouvelle donne pourrait lui faire changer d'avis. Du coup, les marchés chutent lourdement.

Voilà un élément non négligeable pour donner une orientation aux anticipations de politique monétaire américaine. Les prix à la consommation ont progressé de 0,6% en avril par rapport à mars, tandis que l'indice défalqué des éléments volatils (alimentation et énergie) a augmenté de 0,3%. Des chiffres supérieurs aux attentes des économistes, qui anticipaient une progression de 0,5% pour les prix à la consommation et de 0,2% pour l'indice de base, selon le consensus compilé par l'agence Bloomberg.

En mars, les prix à la consommation avaient augmenté de 0,4% et l'indice sous-jacent de 0,3%. Sur un an, les prix à la consommation ont augmenté de 3,5% en avril et l'indice de base a progressé de 2,3%. Les prix de l'énergie ont gagné 3,9% en avril, leur plus forte hausse depuis janvier, après une augmentation de 1,3% le mois précédent. Depuis le début de l'année, le prix de l'essence a augmenté de 67,3% et celui de l'énergie en général de 30,1% (en rythme annuel).

Jusqu'à présent, le flou le plus total entourait la prochaine décision monétaire de la Réserve Fédérale (Fed), qui a procédé la semaine dernière au seizième relèvement consécutif de son taux directeur d'un quart de point, le portant à 5%. La Fed a estimé lors de la dernière réunion monétaire que "de nouveaux resserrements de la politique monétaire pourraient être encore nécessaires pour répondre aux risques inflationnistes". Mais elle a précisé que l'ampleur et le moment de telles hausses "dépendront de façon importante de l'évolution des perspectives économiques".

La statistique de ce jour pourrait ainsi faire tourner le vent en faveur d'une nouvelle hausse des taux. "La Fed souhaite arrêter, mais les statistiques l'en empêcheront", indique Bill Mulvihill, économiste chez First Trust Advisors, interrogé par Bloomberg. "Le prix des matières premières continue de grimper et d'entraîner dans son sillage les autres biens, ce qui signifie que les pressions inflationnistes continuent de sévir", ajoute l'économiste.

Du coup, les marchés redoutent que la Fed ne décide des hausses de taux plus importantes que prévu. En conséquence, les marchés boursiers ont fort mal réagi à cette annonce. A la clôture, la Bourse de Paris perd 3,18%, les marchés allemand et britannique reculant respectivement de 3,33 et 2,74%. Aux Etats-Unis, le Dow Jones et le Nasdaq ont terminé sur des reculs de 1,88% et 1,5%.

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