La Fed procède à un quatorzième tour de vis de sa politique monétaire

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Pour sa dernière réunion à la tête de la Fed, Alan Greenspan a sans surprise relevé le taux directeur à 4,5%. Il s'agit de la quatorzième hausse consécutive d'un quart de point d'un mouvement entamé en juin 2004. Ben Bernanke entamera sans doute sa présidence par un nouveau resserrement monétaire lors de la prochaine réunion le 28 mars.

Comme prévu, la Réserve fédérale (Fed) a procédé aujourd'hui à la quatorzième hausse consécutive du taux cible des fonds fédéraux, la dernière de l'ère Greenspan. Ce dernier quittera la présidence de la Fed ce soir, après plus de 18 ans de bons et loyaux services. A partir de demain, ce sera à son successeur Ben Bernanke de veiller à la stabilité des prix outre-Atlantique.

Plus que jamais, le suspense portait non pas sur la décision monétaire mais sur la sémantique du communiqué de la Fed, source cruciale de renseignements sur les mouvements à venir. Lors de sa dernière réunion monétaire, le 12 décembre, la Fed avait fini par admettre que sa politique avait cessé d'être accommodante et qu'elle entrait dans une phase de neutralité monétaire. Aujourd'hui, le changement de formulation -le terme "mesuré" pour caractériser les prochaines étapes de son cycle a été ôté- laisse entendre que Ben Bernanke entamera sa présidence par un nouveau resserrement monétaire.

Il faut dire que la déception sur la croissance américaine au dernier trimestre 2005 a été rapidement oubliée. Les derniers indicateurs publiés cette semaine militent plutôt en faveur d'un mouvement destiné à calmer les excès. Ainsi, contrairement aux attentes des économistes, les ménages ont accru leur dépenses de 0,9% au mois de janvier, continuant à consommer plus qu'ils ne gagnent puisque leurs revenus n'ont progressé que de 0,4%. Enfin, la confiance des consommateurs publiée aujourd'hui s'est affichée à un plus haut niveau depuis juin 2002.

La consommation effrénée des ménages américains devrait donc se poursuivre et creuser encore le déficit commercial des Etats-Unis, attendu à un record de plus de 700 milliards de dollars cette année. Pas question, dans ces conditions, de mettre un terme au durcissement monétaire entamé en juin 2004, époque à laquelle les "fonds" campaient depuis le 25 juin 2003 sur leur plancher historique de 1 %.

Du coup, sur le marché à terme, les anticipations d'un durcissement de même ampleur lors de la prochaine réunion monétaire le 28 mars sont passés à plus de 75% contre 50% la semaine dernière. Cette perspective du renchérissement supplémentaire du loyer de l'argent promet de raffermir encore le dollar face à l'euro et au yen. D'autant que la Banque centrale européenne (BCE) devrait relever ses taux, au mieux, deux fois en 2006, sans doute en mars puis au deuxième trimestre pour le porter à 2,75 % en fin d'année. De son côté, la banque centrale japonaise (BoJ) n'est pas prête d'abandonner sa politique de taux zéro en raison des pressions du ministère des Finances nippon.

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