L'Amérique, malade d'un système de santé fébrile

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En une semaine, trois rapports accablants ont stigmatisé les carences du système de santé américain, dénonçant l'absence de couverture universelle aux Etats-Unis, une flambée exponentielle des primes d'assurance-santé et la négligence des autorités pharmaceutiques.

Le système de santé de la première puissance économique serait-il l'un des moins performants au monde? Aux Etats-Unis, "les soins sont souvent compromis et les coûts tirés vers le haut, par un système de prestation très fragmenté qui, en vérité, ne constitue pas un système du tout", s'indigne un rapport que vient de publier le Commonwealth Fund, association new-yorkaise à but non lucratif.

La date de publication de cette étude ne doit rien au hasard. Elle a lieu alors que d'ici à 45 jours, George W. Bush doit soumettre au Congrès une série de recommandations visant à réformer le système de santé américain. "Notre façon de rétribuer les services de santé tolère - et parfois encourage - la médiocrité", insiste le Commonwealth Fund.

L'association, qui a entrepris de comparer les systèmes de santé américain, européen et japonais, note que parmi les pays industrialisé, seuls les Etats-Unis ne garantissent pas d'accès à des soins médicaux à l'ensemble de leur citoyens. Elle recommande la création d'un système de couverture universelle, alors que 61 millions d'Américains ne disposent pas d'assurance-santé ou ne sont pas suffisamment couverts pour satisfaire leurs besoins médicaux.

Selon l'OCDE, les Américains ont en moyenne dépensé 6.102 dollars pour leur santé en 2004, soit deux fois plus que les Britanniques et les Suédois. Pour le Commonwealth Fund, si les Etats-Unis dépensent plus que tout autre pays industrialisé, c'est que justement trop d'Américains sont peu ou pas couverts: ils n'ont pas les moyens de soigner des maladies qui, avec le temps, deviennent plus coûteuses à traiter.

Pendant ce temps, la facture devient chaque année plus salée pour les ménages qui peuvent encore se permettre une couverture santé. La Kaiser Family Foundation estime que les primes d'assurance santé ont grimpé de 7,7% en 2006, soit deux fois plus que l'inflation. Depuis 2000, ces primes ont flambé de 78% - pour atteindre en moyenne 4.242 dollars pour les célibataires et 11.480 pour les familles - alors que, dans le même temps, les salaires n'ont augmenté que de 20%. Et les Américains peuvent difficilement se tourner vers leur employeur pour financer leur couverture santé. En six ans, la proportion des entreprises offrant de telles prestations a chuté de 69% à 61%.

Avec de telles dépenses, les Américains en mesure de s'acheter des médicaments ont-ils au moins la garantie d'être bien soignés? Pas si sûr. Dans un autre rapport, tout aussi accablant pour le système de santé américain, l'Institut de la Médecine (IOM) affirme que l'agence fédérale de réglementation des produits pharmaceutiques (FDA) se montre trop souvent incapable de déceler les risques liés à certains médicaments dont elle a autorisé la commercialisation. Un verdict tardif rendu deux ans après que Merck a soudainement retiré du marché son désormais célèbre anti-inflammatoire, le Vioxx.

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