Le pétrole dépasse 78 dollars après la fermeture d'un site BP

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Les prix du pétrole se rapprochent aujourd'hui de leur plus haut historique. Ils dépassent 77 dollars à New York et 78 dollars à Londres. Le groupe pétrolier BP a annoncé la fermeture d'un site majeur en Alaska, et la situation au Proche-Orient se dégrade. Le titre de la compagnie britannique chute à la Bourse de Londres.

Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour les marchés pétroliers. Non seulement la situation continue de se dégrader au Proche-Orient, mais le géant britannique BP a annoncé la fermeture du plus gros champ pétrolier des Etats-Unis. De son côté, l'Iran refuse de suspendre ses activités nucléaires, malgré la menace de sanctions.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a bondi jusqu'à 78,08 dollars, son plus haut niveau depuis le 17 juillet, lorsqu'il avait atteint un record historique à 78,18 dollars. A New York, le baril de light sweet crude pour livraison en septembre était lui aussi en forte hausse, dépassant 77 dollars à 77,15 dollars, plus très loin de son record enregistré le 14 juillet à 78,40 dollars.

Le groupe pétrolier britannique BP a commencé aujourd'hui à fermer progressivement les sites du champ de Prudhoe Bay en Alaska, après la découverte d'une fuite sur un oléoduc. Au total, la fermeture du champ, qui prendra plusieurs jours à mettre en oeuvre, réduira la production de 400.000 barils par jour, soit près de 8% de la production américaine. BP s'est abstenu de spéculer sur la date d'une reprise des opérations.

Le titre a cédé 2,0% à la Bourse de Londres dans l'après midi. Il faut dire que le site de Prudhoe Bay compte pour 1% de ses bénéfices annuels, selon les estimations de Ivir Peter, chez Royal London Asset management, interrogé par l'agence Bloomberg à Londres. L'analyste estimé néanmoins que la flamblée des prix du pétrole devrait largement compenser cette perte.

Le coup dur est donc principalement porté au cours du pétrole, déjà en hausse de 25% depuis le début de l'année. "400.000 barils par jour dans un contexte d'approvisionnement déjà assez restreint, c'est beaucoup de brut retiré du marché", a réagi Bruce Evers, analyste à la banque Investec, interrogé par l'AFP. "On ne sait pas quand la production du champ redémarrera. Cela pourrait prendre des jours, des semaines ou même des mois", a-t-il souligné.

La nouvelle intervient dans un contexte déjà tendu en raison des inquiétudes géopolitiques au Liban et en Iran, d'une production au Nigeria amputée de 30% par des attaques de séparatistes, et des risques liés à la saison des ouragans dans l'Atlantique. "Les tensions au Moyen-Orient après le week-end restent importantes, l'Iran ayant juré dimanche de continuer à étendre ses travaux d'enrichissement nucléaire et menacé d'utiliser l'arme du pétrole s'il se voyait imposer par l'Occident des sanctions onusiennes", observe Michael Davies, analyste à la maison de courtage Sucden.

Téhéran a rejeté hier la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies lui demandant de suspendre son enrichissement d'uranium d'ici au 31 août, et a même annoncé une expansion de son programme nucléaire. Or dans l'éventualité de son rejet par l'Iran, la résolution prévoit l'adoption de sanctions pour contraindre Téhéran à cesser ses activités nucléaires.

Le marché craint qu'en cas de sanctions, l'Iran, quatrième producteur de brut avec 4 millions de barils par jour (mbj), ne réplique en recourant à l'arme du pétrole, c'est à dire en perturbant volontairement l'approvisionnement mondial. Il pourrait réduire ses exportations, estimées à 2,6 mbj, ou encore bloquer le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les tankers venant chercher le pétrole de géants tels que l'Arabie saoudite, le Koweït ou les Emirats arabes unis.

Dans une étude citée par des analystes, Standard and Poor's a prédit aujourd'hui que les prix du pétrole pourraient atteindre 250 dollars si l'Iran bloquait ce détroit. "Il n'y a toujours aucun signe de paix entre le Liban et Israël", a aussi remarqué Michael Davies, notant que l'espoir d'une résolution des Nations Unies sur le conflit avait disparu après que Beyrouth eut exigé le retrait immédiat des forces israéliennes du territoire libanais, provoquant des désaccords entre les cinq Grands. Israël a lancé ce matin une vague de bombardements au Liban, faisant au moins quatorze morts, au lendemain des tirs de roquettes les plus sanglants du Hezbollah contre l'Etat hébreu depuis le début du conflit.

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