Elections de mi-mandat : gare aux sondages !

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A moins d'une semaine des élections de mi-mandat du 7 novembre, l'ambiance est électrique aux Etats-Unis tant les jeux demeurent ouverts. Si l'on s'en tient aux sondages, les candidats démocrates ne vont faire qu'une bouchée de leurs adversaires républicains, pénalisés par une guerre en Irak coûteuse en hommes et en moyens, des affaires de moeurs et de corruption propres à leur aliéner leur traditionnel électorat conservateur et un bilan économique dont se vante la Maison-Blanche mais que la classe moyenne fustige. Le 7 novembre, les électeurs américains sont appelés à renouveler l'ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants, 34 sièges de sénateurs sur 100 et le poste de 36 gouverneurs. Pour reprendre la Chambre, les démocrates devront gagner 15 sièges et il leur suffira de rafler six sièges pour reprendre le Sénat au "Grand Old Party". Il s'agit en théorie d'une formalité, tant l'administration et le parti républicain semblent impopulaires. D'après un récent sondage Reuters/Zogby, 44% des électeurs s'affirment prêts à voter pour un candidat démocrate lors des scrutins parlementaires quand 33% entendent voter pour leur candidat républicain. La rupture est telle entre la population américaine et l'actuelle majorité qu'elle peine à fédérer ses propres troupes: seuls 56% des électeurs s'affirmant "conservateurs" et 68% des membres du GOP comptent voter républicain mardi prochain. Dans le même temps, 81% des démocrates s'apprêtent à voter pour le candidat local de leur parti. On comprend dès lors l'empressement des républicains à exploiter au maximum la dernière gaffe du sénateur et ancien candidat à la Maison-Blanche John Kerry, qui a fait une blague malheureuse lundi dernier et ni plus ni moins traité les militaires à pied d'oeuvre en Irak d'incultes. Plus qu'au cours des dernières élections, le scrutin de mi-mandat 2006 se jouera au centre, chaque parti tentant de se rallier les électeurs indépendants dont 45% estiment qu'il serait préférable que les démocrates s'emparent du Congrès. Reste que lors de la présidentielle de 2004, 50% avaient voté pour John Kerry, avec le résultat que l'on connaît. Estimer qu'un raz-de-marée démocrate est inéluctable équivaut à négliger l'incroyable machine de guerre électorale qu'est le parti républicain, dont les équipes se mobilisent pour remporter l'adhésion de chaque Etat, district, église, foyer, électeur... Cette année encore, ses réseaux de volontaires sont réactivés. Ils avaient permis au GOP de gagner les derniers scrutins présidentiels et parlementaires en employant tous les moyens de marketing direct à leur disposition (téléphone, Internet..). Les messages télévisés constituent l'une des armes favorites des deux camps, ceux-ci se battant souvent au niveau local sur des thèmes en arrière plan dans le débat politique national tels que le mariage homosexuel, la recherche sur les cellules souches ou l'avortement.Pour les républicains, il s'agit de mobiliser une fois de plus leur électorat traditionnel face à un parti démocrate dont les sympathisants sont moins enclins à se déplacer systématiquement pour chaque scrutin. Pour cela, des moyens considérables sont utilisés. Selon le Center for responsive politics, les candidats des deux camps vont lever et dépenser 2,6 milliards de dollars pour cette campagne, soit 18% de plus que lors des élections de mi-mandat de 2002. Le Centre estime que les républicains garderont cette année leur avantage financier, dépensant au total 1,4 milliard de dollars à travers les Etats-Unis contre 1,2 milliard pour les démocrates. "Si vous ne disposez pas de un million de dollars ou plus, il vous est impossible de gagner un siège à la Chambre des représentants", estime Sheila Krumholz, sa directrice exécutive. Or, 22 candidats à la Chambre ont déjà récolté plus d'un million chacun, un record. Signe de l'inquiétude qui règne dans le camp républicain, George W. Bush s'engage personnellement et activement dans la campagne, sillonnant le pays, multipliant des discours télévisés, radiophoniques, répétant inlassablement que l'économie américaine, malgré son ralentissement, se porte mieux que jamais et que les Etats-Unis réalisent d'énormes progrès en Irak. Il faudra attendre le matin du 8 novembre pour pleinement apprécier le soutien d'un président dont la cote de popularité est inférieure à 40%.

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