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EDF séduit - enfin - les investisseurs

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Publié le 22 avril 2006 à 02:20 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 18:08

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Boudé lors de son introduction en Bourse le 18 novembre, EDF a connu ces derniers jours une envolée record de son titre. Ce revirement intervient suite à une déclaration de l'électricien selon laquelle les prix régulés pourraient converger vers les prix de marché d'ici à cinq ans. Ce qui a amené plusieurs banques à fortement relever leurs objectifs de cours.

Pendant cinq séances, le cours du titre EDF s'est envolé. Les 30 et 31 mars, l'action a gagné 10,52% et a atteint les 46,55 euros. Lundi 3 avril, elle a encore bondi de 3,95% à 48,65 euros, dépassant ainsi son plus haut historique de 47,30 euros atteint le 27 février dernier. La progression est donc spectaculaire par rapport aux 32 euros de l'introduction en Bourse, en novembre - prix qui avait alors été jugé excessif, l'action tombant temporairement en-dessous de son cours d'introduction...

Pourquoi un tel revirement? "Cette flambée du titre résulte de l'annonce significative faite par l'électricien d'une convergence des prix non régulés avec les prix du marché à cinq ans. Les coûts de production étant fixes, cela laisse présager d'une bonne profitabilité", remarque un gérant. Il s'agit d'une grande première, EDF ayant eu jusque-là plutôt tendance à freiner l'optimisme des investisseurs par des annonces frileuses.

L'engouement des marchés a été immédiat. La banque d'affaire américaine Lehman Brothers a été la première à relever son objectif de cours à 50 euros contre 38 auparavant. Elle a été suivie dans la foulée par la Deutsche Bank, dont la recommandation est passée de conserver à acheter. La banque allemande a souligné que le groupe avait confirmé que la part de ses volumes d'électricité soumis aux prix du marché était de 180 térawatts-heures (TWh) contre 100 seulement au moment de son introduction. Tablant sur une forte progression des prix du marché, elle a porté son objectif sur le titre à 50,50 euros contre 37,50 auparavant. Le 3 avril, c'était au tour de la banque suisse UBS de relever son objectif de cours de 41 euros à 60 euros.

L'action avait déjà connu une embellie courant février, sous l'impulsion des attaques virulentes de Bruxelles sur le plafonnement des prix aux particuliers, arguant que ces prix n'étaient pas compatibles avec la concurrence. Le gouvernement français s'était engagé à ne pas augmenter les prix de l'électricité jusqu'en 2007. "Le marché a anticipé que l'Etat ne pourrait plus réguler les prix à partir de juillet 2007, en raison de l'ouverture à la concurrence. Dans ce cas de figure, si les prix augmentent chaque année un peu plus que l'inflation, cela représente un gros potentiel de gain pour EDF", explique un analyste. "Je ne pense pas pour autant qu'il y aura une hausse de prix importante, l'Etat étant désireux de protéger le consommateur. De nombreuses variables peuvent entrer en jeu et je pense qu'il est encore trop tôt pour anticiper ce scénario, mais tout le monde semble s'engouffrer dans cette brèche", précise-t-il.

L'action marque cependant un léger repli depuis le 4 avril. Ce recul pourrait s'expliquer par une déclaration formulé par la commission des Finances suite à l'audition de Pierre Gadonneix, patron d'EDF. La commission a souligné " sa préoccupation devant l'évolution des prix proposés par EDF et souhaite, au-delà de la stabilisation décidée pour les particuliers, une maîtrise dans la durée pour les prix industriels, notamment pour les PMI. La part de l'électricité produite par le nucléaire en France et la bonne santé financière de l'entreprise rendent difficilement compréhensibles les fortes hausses actuelles, qui suscitent une réelle inquiétude compte tenu de l'incidence de l'énergie dans la formation des prix de revient de nombreux produits industriels".

Lors de son entrée en Bourse, le 18 novembre dernier, le titre avait été boudé par le marché, qui jugeait trop élevé son cours d'introduction de 32 euros pour les particuliers. "Cette réaction s'explique par le fait que nous n'avions aucune visibilité sur l'évolution des tarifs régulés et non régulés à cinq ans", souligne un gérant. Le fait que l'État ne puisse descendre en dessous de 70% du capital apparaissait également comme un frein.

Mais les événements des derniers mois, dont l'annonce du mariage GDF-Suez, ont rassuré les marchés sur ce point. Selon un autre analyste, "le marché n'avait pas pris conscience du potentiel du nucléaire mais depuis la crise du gaz russe la tendance s'est inversée". L'électricien français détient à lui seul 17,2% de la capacité nucléaire mondiale, ce qui le dote d'un avantage compétitif certain sur ses concurrents: il ne fait guère de doute que, dans un avenir proche, le nucléaire sera amené à jouer un rôle majeur.

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