France Télécom aborde avec prudence le très haut débit

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L'opérateur historique va lancer une phase de test en Ile-de-France pour équiper des clients en très haut débit. L'offre comprendra la télévision en haute définition, la téléphonie illimitée et l'Internet à très haut débit. Cette expérience répond à la volonté de Jacques Chirac de développer la France dans le numérique.

France Télécom se lance dans le très haut débit. Lors d'une conférence de presse donnée ce midi, l'opérateur historique a annoncé qu'il testerait "avant l'été 2006" une offre très haut débit dans six arrondissements parisiens ainsi que dans six villes du département des Hauts-de-Seine (92).

Cette expérience nécessitera la mise en place de fibre optique (Fiber to the home-FTTH), indispensable à l'accès au très haut débit. Ces fibres seront acheminées jusqu'au domicile des quelques milliers de foyers entrant dans le cadre de ce test. Le très haut débit correspond à une vitesse de l'ordre de 100 mégabits par seconde. Aujourd'hui, le haut débit sur ADSL ne peut dépasser 30 mégabits au maximum.

L'offre proposée comprendra la télévision en qualité haute définition, la téléphonie illimitée et un accès Internet très haut débit. Les clients de ce test pilote se verront également proposer un grand nombre de services innovants à essayer. A l'issue de cette première phase d'expérimentation, France Télécom pourra étendre, à horizon 2007, des pilotes dans d'autres agglomérations en France ou à l'étranger.

France Télécom justifie cette décision par le fait qu'à "l'horizon de quelques années, les besoins en débit vont continuer à croître fortement". Lors de la conférence de presse de présentation du projet, le président de France Télécom, Didier Lombard, a souligné qu'il "n'annonce pas de plan d'investissement, mais un choix technologique".

Ce lancement de l'opérateur historique dans le très haut débit correspond à une réelle volonté de l'Etat. Lors de ses voeux, le président de la République Jacques Chirac avait appelé à une véritable politique de développement dans le numérique (voir ci-contre). "Le premier axe, c'est de créer dès maintenant le passage au très haut débit", avait-il déclaré.

Pour France Télécom, se lancer dans le très haut débit peut être également un moyen de s'assurer un marché important dans les prochaines années. Alors que le groupe dirigé par Didier Lombard perd de plus en plus de clients dans la téléphonie fixe (voir ci-contre) et subit une concurrence féroce des opérateurs alternatifs, une place de leader sur ce nouveau marché serait la bienvenue. Reste qu'un développement de cette nouvelle technologie, qui impose de mettre en place de nouveaux câbles desservant les clients, sera extrêmement coûteux. L'opérateur historique ne peut donc l'aborder qu'avec prudence: le lancement de quelques tests devrait lui permettre de voir venir, sans prendre d'emblée des engagements trop lourds.

Le titre France Télécom a clôturé en baisse de 2,51% à 19,05 euros à la Bourse de Paris.

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