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Le fonds KKR a offert 40 milliards d'euros pour racheter Vivendi

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Publié le 04 novembre 2006 à 19:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:32

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La presse anglo-saxonne a révélé samedi matin que le grand fonds KKR, Kohlberg Kravis Roberts avait offert 40 milliards d'euros pour racheter le groupe français Vivendi. Ce dernier, selon nos informations, aurait décliné l'offre, la jugeant insuffisamment élevée.

C'est la grande nouvelle de ce week-end: on savait que Vivendi était une proie potentielle. On a appris samedi matin en lisant le Financial Times et le New York Times que le grand fonds américain KKR, Kohlberg Kravis Roberts avait fait une proposition de rachat au groupe français de média (Canal +) et de télécommunications (SFR) pour 40 milliards d'euros selon le journal britannique et de 50 milliards de dollars -ce qui revient au même- selon le quotidien new-yorkais.

Selon nos informations, Vivendi aurait poliment décliné l'offre de KKR, estimant pouvoir délivrer en quelques mois, un an tout au plus, la même valeur que celle que propose le fonds américain. La capitalisation boursière de Vivendi atteint en effet 35 milliards d'euros aujourd'hui (le titre a progressé de 1,47% à 30,33 euros vendredi). Elle a cru de près de 15% depuis le début de l'année, le titre ayant connu un plus bas en 2006 à 24,74 euros.

"En offrant cinq milliards de plus que la capitalisation boursière actuelle, KKR ne fait que proposer d'avaler la décote de holding, souligne un proche du dossier. Ce n'est pas suffisant pour satisfaire les actionnaires". Vivendi, du fait de sa structure, contrôle en effet différentes activités dans la télévision, la téléphonie, la musique (Universal Music, numéro un mondial du secteur) ou encore les jeux vidéos (avec VU Games qui s'est bien redressé ces dernières années), d'où une traditionnelle décote car la bourse aime mieux les "pure players", concentrés sur un seul et même métier.C'est d'ailleurs un des enjeux du président du directoire du groupe, Jean-Bernard Lévy : faire jouer les synergies entre les différentes activités (par exemple mettre de la musique Universal dans les jeux vidéo VU Games ou dans les téléphones SFR - il détient ce dernier avec le géant britannique Vodafone).

C'est en octobre, selon la presse anglo-saxonne, que les discussions entre KKR et la direction de Vivendi se sont tenues. Mais elles n'auraient finalement pas abouti, notamment pour des questions fiscales, assure le Financial Times. On se souvient que Jean-René Fourtou, l'actuel président du conseil de surveillance de Vivendi, appelé à la tête du groupe pour le redresser après l'éviction tonitruante de Jean-Marie Messier, J2M, avait bataillé et fini par obtenir de Bercy le BMC, bénéfice mondial consolidé qui génère aujourd'hui d'importantes économies fiscales au groupe. Pas sur qu'en cas de changement de contrôle (a fortiori un rachat par une entité étrangère), cette mesure puisse continuer à jouer.

"Si les discussions ont achoppé, pourquoi dès lors sortent-elles dans la presse ?" s'interrogent certains. On peut tout imaginer mais l'hypothèse la plus vraisemblable est que l'histoire, aux yeux de quelques protagonistes, n'est peut-être pas terminée. Et que le fait de divulguer sur la place publique le projet et l'offre sonnante et trébuchante de KKR peut faire réfléchir certains actionnaires. D'autant que Vivendi compte dans son capital des trublions -comme l'homme d'affaires norvégien Alexander Vik et son holding Sebastian - qui ont essayé encore récemment de déstabliliser la direction de Vivendi pour la pousser à vendre des activités et mettre fin à sa situation de holding en se concentrant sur un métier, afin que le cours de l'action bondisse. Une offre comme celle de KKR peut les amener à bouger à nouveau dans les semaines qui viennent.

Ce qui est vraisemblable, c'est que KKR conservera comme c'est la tradition jusqu'à maintenant pour les fonds une attitude amicale. L'hypothèse d'une OPA non sollicitée est pour l'instant peu vraisemblable. Et dans l'entourage de Vivendi, on souligne que les fonds n'apportant en général qu'un quart de la somme nécessaire au rachat - c'est le principe du LBO, leverage buy out, acquisition par effet de levier-, une telle opération, même amicale, va entrainer un très fort endettement de Vivendi. Et limiter d'autant ses marges de manoeuvres pour l'avenir -alors qu'il vient par exemple d'acquérir les activités d'édition musicale Bertelsmann Music Publishing pour 1,63 milliard d'euros, devenant ainsi le numéro un mondial du domaine - s'il était acquis par KKR ou un de ses homologues. Un argument que le groupe français ne se privera pas d'avancer pour répondre à ceux qui s'interrogeront sur la fin de non recevoir donnée par la direction à cette offre.

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