Airbus A350 : décision d'EADS attendue fin novembre

 |   |  552  mots
Louis Gallois, le co-président d'EADS et président d'Airbus, annonce que le conseil d'administration décidera fin novembre s'il faut lancer l'Airbus A350. Mais il lui faut des garanties sur le plan d'économies. De son côté, Dominique de Villepin promet 145 millions d'euros d'aides à Airbus et ses sous-traitants pour la période 2007-2008.

Le groupe européen d'aéronautique et d'armement EADS ne veut pas brûler les étapes pour lancer l'Airbus A350 XWB (pour extra wide body, fuselage très large). Louis Gallois, le co-président exécutif (et depuis peu également président de la grande filiale Airbus), a annoncé mardi, à l'issue d'une table-ronde avec le Premier ministre et avec les sous-traitants de l'avionneur, à Toulouse, siège d'Airbus, que le conseil d'administration d'EADS prendra sa décision sur l'A350 fin novembre.

Cet avion est censé riposter au Boeing 787 "dreamliner" (littéralement avion de ligne de rêve) qui ne cesse d'engranger les commandes, plus de 400 à ce jour, grâce à ses performances affichées de moindre consommation de kérosène - idéal à l'heure du pétrole cher - via l'utilisation accrue de nouveaux matériaux, à la fois légers et résistants, comme les composites.

Louis Gallois a ajouté qu'une décision favorable sur l'A350 dépendra des garanties obtenues sur les retombées du vaste plan d'économie Power 8 (ou Energie 08) lancé par son éphémère prédécesseur à la tête d'Airbus, Christian Streiff, qui vise à économiser deux milliards d'euros par an d'ici à 2010. Un plan dont le détail en matière de réduction d'effectifs et de diminution du nombre de sites n'a pas été détaillé. On sait en revanche qu'Airbus veut passer de 3.000 à 500 sous-traitants seulement.

De son côté, Dominique de Villepin a promis à Toulouse de "conforter l'engagement de l'Etat" face aux difficultés du groupe EADS, d'Airbus Industrie et de leurs entreprises sous-traitantes. "Nous sommes aux côtés d'Airbus pour relever tout les défis", a lancé le chef du gouvernement. "Airbus a besoin des sous-traitants et les sous-traitants ont besoin d'Airbus", a-t-il souligné.

Il a annoncé que l'Etat débloquerait 145 millions d'euros sur la période 2007-2008 pour l'aéronautique, afin d'aider Airbus et ses sous-traitants à faire face à leurs difficultés. "La filière aéronautique traverse une période difficile (...) Mais ma conviction, c'est que nous pouvons surmonter ces difficultés", a-t-il affirmé. Il a confirmé que les PME sous-traitantes bénéficieraient d'aides de l'Etat sous forme d'avances remboursables (40 millions en 2007 et autant en 2008). "Je sais que c'est une attente forte de leur part" et "cela répond à des préoccupations concrètes de trésorerie". Il a ajouté que cette aide pourrait être doublée "si les régions s'engagent aux côtés de l'Etat".

Par ailleurs, le gouvernement réservera "50 millions d'euros" pour les prochains appels d'offre des pôles de compétitivité autour des thèmes de l'aéronautique, des systèmes embarqués complexes et des matériaux composites. "C'est un moyen essentiel d'accélérer la recherche dans ce secteur", a-t-il dit. Le Premier ministre s'est par ailleurs engagé à ce que le nouveau campus de recherche sur l'aéronautique et l'espace "dispose dès cette année d'un minimum de 10 millions d'euros pour son fonctionnement".

Le Premier ministre, qui fêtait ce mardi son 53ème anniversaire, s'est même vu remettre, dès son arrivée dans l'entreprise Mécahers (mécanique aéronautique), un objet d'art fait à base de copeaux d'aluminium compressés ressemblant à une sculpture de César.

Mardi, le titre EADS a reculé en clôture à la Bourse de Paris de 0,9% à 22,02 euros.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :