Les perspectives de hausse des taux font chuter les marchés

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Le climat est de nouveau lourd aujourd'hui sur les marchés financiers. En fin de journée, Paris perd 2,9%, et les autres grandes places européennes ne font guère mieux. Motif de ce pessimisme généralisé: les perspectives de hausse des taux d'intérêt. Les responsables de la Fed américaine multiplient les mises en garde sur le niveau inquiétant de l'inflation. Et en Europe, un relèvement des taux de la BCE a été décidé aujourd'hui.

La vague de pessimisme qui affecte les marchés financiers mondiaux depuis quelques semaines ne donne aucun signe d'affaiblissement, bien au contraire. Ce matin, la Bourse de Tokyo a affiché une chute brutale de 3,07%, terminant sous la barre des 15.000 points pour la première fois en six mois. En séance, le Nikkei avait perdu quasiment 4%.

Mercredi soir, la Bourse de New York avait terminé elle aussi en repli. D'une ampleur moindre, certes, puisque le Dow Jones a perdu 0,65%. Mais, de façon symbolique, l'indice phare de la place de New York a clôturé sous la barre des 11.000 points pour la première fois depuis quatre mois. Quant au Nasdaq, il a perdu 0,51%, terminant au plus bas de sept mois.

Dans ces conditions, l'Europe a été secouée, ce jeudi. La Bourse de Paris a ainsi ouvert sur un plongeon de 2,45%, à 4.706,39 points. Et en fin de séance, toutes les places européennes sont lourdement dans le rouge. Paris perd 2,91% et se retrouve désormais en perte depuis le début de l'année. Londres cède 2,51% et Francfort recule de 2,90%. A mi-séance, aux Etats-Unis, les marchés américains sont également en fort recul, de 1,30% pour le Dow Jones et de 2% pour le Nasdaq.

Une raison explique pour l'essentiel ces mouvements de baisse des marchés boursiers: la crainte de relèvements importants des taux d'intérêt dans le monde. Ces derniers jours, différents responsables de la Réserve fédérale américaine, son nouveau président Ben Bernanke en tête, ont multiplié les mises en garde contre la hausse des prix excessive aux Etats-Unis.

Hier soir, c'est Jack Guynn, président de la Réserve fédérale d'Atlanta et membre du Comité de politique monétaire de la Fed, qui a renouvelé ses mises en garde. "Les récentes données sur l'inflation générale sont préoccupantes, avec les prix élevés du pétrole y contribuant pour beaucoup", a-t-il affirmé, "l'inflation de base, qui exclut les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, se situe maintenant dans la partie supérieure ou au-delà de ce que je considère comme acceptable sur le long terme".

Pour les investisseurs, l'implication d'une telle analyse est claire: la Réserve fédérale devrait procéder à nouveau relèvement de son taux de référence lors de sa prochaine réunion, le 29 juin. Le taux pourrait alors passer de 5 à 5,25%. Une mauvaise nouvelle pour les marchés, qui pensaient encore, voici quelques semaines, que la Fed allait mettre un terme à sa politique de hausse des taux.

Le pessimisme des marchés est d'autant plus vif que la politique de communication de la Réserve fédérale, sous la houlette de son nouveau président, en place depuis le début de l'année, est loin d'être convaincante. Différentes maladresses dans la communication de Ben Bernanke ont suscité un sentiment d'incertitude sur les marchés, peu propice à une appréciation posée des événements.

Dans l'immédiat, c'est une autre banque centrale de premier plan qui a relevé ses taux: la Banque centrale européenne a annoncé à 13h45 sa décision de porter son taux de référence de 2,50 à 2,75% (voir ci-contre).

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