Rafik Khalifa condamné à la prison à perpétuité

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Le fondateur du groupe algérien en faillite, Rafik Khalifa, toujours "exilé" à Londres où il a été entendu par Scotland Yard, a été condamné par contumace à la perpétuité, ce jeudi. Une cinquantaine d'autres personnes impliquées dans le scandale financier de Khalifa Bank viennent d'être condamnées à la prison ferme.

L'étau se resserre autour de Rafik Khalifa, l'homme d'affaires algérien réfugié à Londres depuis la mise en faillite de son empire (finances, médias, transports) fin 2003. L'ancien "golden boy", qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par Alger, a été condamné ce jeudi par le tribunal criminel de Blida à la prison à perpétuité, par contumace.

Rafik Khalifa était jugé notamment pour "association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds, faux et usage de faux". L'épouse de Rafik Khalifa a été pour sa part condamnée à dix ans, ainsi que l'ancien ministre de l'Industrie, Abdennour Keramane, et sa fille Yasmine, ancien représentante de Khalifa Airways à Milan. Le tribunal a ordonné par ailleurs la saisie des biens de tous ces condamnés.

Le tribunal a aussi prononcé 45 condamnations à la prison ferme et 49 acquittements contres les 94 accusés, jugés en leur présence, dans le scandale financier de Khalifa Bank. Ces condamnés ont dix jours pour faire appel.

Ce verdict sévère était attendu. La prison à perpétuité était requise contre Rafik Khalifa, 40 ans, fondateur du groupe en faillite, ainsi que neuf de ses co-accusés en fuite. Parmi ces derniers figure aussi Abdelwahab Keramane, frère du ministre et ancien gouverneur de la Banque d'Algérie. Il a été condamné à vingt ans de prison ferme, ainsi que cinq autres inculpés.

Les condamnés par contumace ne peuvent pas faire appel de la sentence. Toutefois, en cas d'arrestation ou d'extradition, ou s'ils se livrent d'eux-mêmes aux autorités, ils seront rejugés dans les formes légales prévues pour les accusés présents au prétoire. Rafik Khalifa avait été interrogé une première fois par la police londonienne le 27 février sur des soupçons de blanchiment d'argent et laissé en liberté provisoire sous caution. Cette mesure à été prolongée, mardi, jusqu'au 22 mai, après un second interrogatoire, le 20 mars, par Scotland Yard.

L'Algérie et la Grande Bretagne sont liés par un accord d'extradition, signé en juillet 2006. Il est entré en vigueur en février 2007 après l'échange officiel des instruments de ratification entre les deux pays. Les procédures d'extradition sont longues et complexes en Grande Bretagne, ce qui, selon les avocats, va retarder l'éventuelle remise de Rafik Khalifa aux autorités algériennes.

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