Greenpeace part en guerre contre le réchauffement climatique

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L'organisation internationale lance une campagne en faveur d'une action immédiate contre les émissions de gaz à effet de serre. Les seules barrières sont politiques et non techniques, selon l'ONG, qui considère que les technologies existent déjà, de l'énergie éolienne aux panneaux solaires, en passant par les centrales à la biomasse et des collecteurs thermiques.

Après avoir déployé lundi deux banderoles géantes sur la Tour Eiffel afin d'alerter l'opinion sur le réchauffement climatique, Greenpeace lance aujourd'hui une campagne en faveur d'une action immédiate contre les émissions de gaz à effet de serre (GES). "Il y a une fenêtre de tir de l'ordre d'une dizaine d'années pour s'en sortir et garantir une certaine croissance tout en maintenant la hausse de la température moyenne mondiale en dessous de 2°C" d'ici à la fin du siècle, a plaidé ce matin Steven Sawyer, en charge du climat et de l'énergie chez Greenpeace International. Selon Sven Teske, ingénieur à l'Unité climat et énergie chez Greenpeace, "l'inaction est d'autant plus inexcusable que les solutions existent déjà et que les barrières sont politiques et non techniques".

L'objectif est de réduire les émissions de GES de 50% d'ici à 2050 au niveau mondial, condition indispensable pour ne pas excéder 2°C de hausse du thermomètre, "tout en prenant en compte une augmentation de la consommation d'énergie et la croissance économique", précise un communiqué de presse émanant de Greenpeace. Pour y parvenir, les pays industrialisés, qui sont les principaux responsables des niveaux de GES qui sont déjà concentrés dans l'atmosphère depuis la révolution industrielle, "doivent, eux, réduire de 80% leurs émissions" d'ici à 2050, précise Yannick Jadot, de Greenpeace France.

Les solutions? Elles sont "fondées sur la sobriété énergétique et la substitution des énergies renouvelables aux énergies fossiles", indique t-on chez Greenpeace qui récuse les "fausses solutions comme le nucléaire, le charbon prétendument propre ou encore la capture et séquestration du carbone". Le constat est simple: des décennies de progrès techniques ont permis l'émergence de technologies énergétiques renouvelables comme les éoliennes, les panneaux solaires photovoltaïques, les centrales à la biomasse et les collecteurs solaires thermiques qui "deviennent aujourd'hui progressivement opérationnelles à une échelle industrielle", souligne Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France.

D'ailleurs, le marché mondial des énergies renouvelables connaît une croissance phénoménale. En 2006, le chiffre d'affaire de ce marché a fait un bond de 26% à 38 milliards de dollars. "Les énergies renouvelables pourraient satisfaire jusqu'à 35% des besoins énergétiques mondiaux d'ici à 2030, pour peu qu'il y ait une volonté politique de promouvoir leur déploiement à grande échelle au niveau mondial, dans tous les secteurs, en le combinant à des mesures d'efficacité énergétique extensives", indique un document de synthèse rédigé par Greenpeace. En faisant ce choix, les pays en développement pourraient quasiment "stabiliser leurs émissions de CO2 tout en augmentant leur consommation du fait de leur croissance économique", poursuit ce document.

Le moment est d'autant plus propice pour réaliser ces bons investissements qu' "au cours de la prochaine décennie, la plupart des centrales existantes dans le pays de l'OCDE vont arriver en fin de vie et devront être remplacées", rappelle Sven Teske. Pas une minute à perdre selon lui car "construire aujourd'hui une centrale à charbon implique des émissions de CO2 jusqu'en 2050", compte tenu de la longévité d'une telle installation.

L'initiative de l'ONG tombe à point nommé: le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) se réunit cette semaine à Paris sous l'égide de l'ONU afin de mettre la dernière main au résumé de son important rapport sur l'ampleur du réchauffement climatique. Un nouveau cri d'alerte en perspective.

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