Bush renforce l'engagement militaire américain en Irak

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Le président des Etats-Unis a annoncé hier soir l'envoi prochain de "plus de 20.000" soldats supplémentaires en Irak. Mais il a averti le gouvernement irakien que "l'engagement de l'Amérique ne serait pas illimité".

En présentant dans la nuit de mercredi à jeudi sa "nouvelle stratégie" pour l'Irak, George W. Bush est resté résolument fidèle à ses convictions et sourd au mécontentement de ses compatriotes. Le président des Etats-Unis a annoncé l'envoi de "plus de 20.000 soldats" supplémentaires dans le pays, alors que 61% des américains s'opposent à ce que certains "networks" n'hésitaient pas après son allocution à qualifier "d'escalade". Ces soldats viendront s'ajouter aux 132.000 militaires américains déjà présents en Irak.

Par ailleurs, il a ouvertement accusé l'Iran et la Syrie de permettre à des terroristes et à des insurgés d'utiliser leur territoire pour entrer et sortir d'Irak. Ce qui va à l'encontre des recommandations du groupe sur l'Irak, piloté par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker, qui estimait qu'un rapprochement diplomatique avec Damas et Téhéran permettrait de calmer la violence sur le terrain.

"Si nous accroissons notre soutien à ce moment crucial et que nous aidons les Irakiens à briser l'actuel cycle de violences, nous pouvons réduire le délai nous séparant du jour où nos soldats rentreront chez eux", a estimé George W. Bush, pour justifier le renforcement des troupes. Afin de financer ce déploiement, le président s'apprête à demander au Congrès 5,6 milliards de dollars ainsi qu'une enveloppe supplémentaire de 1,2 milliard destinée à la reconstruction et la mise en place de programmes économiques favorisant la création d'emplois. "La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice va bientôt nommer un coordinateur à Bagdad pour faire en sorte que l'aide économique dépensée en Irak donne de meilleurs résultats", a annoncé le président.

Bien qu'il n'ait pas dévoilé de calendrier de sortie, l'hôte de la Maison-Blanche a indiqué qu'il accentuerait sa pression sur le gouvernement irakien pour qu'il rétablisse l'ordre à Bagdad et prévenu que "l'engagement de l'Amérique n'était pas illimité". "Si le gouvernement irakien ne respecte pas ses promesses, il perdra le soutien de la population américaine et il perdra celui de la population irakienne", a solennellement déclaré George W. Bush. Le président a ajouté que le gouvernement irakien s'était engagé à prendre le contrôle des dix-huit provinces du pays "d'ici à novembre", alors qu'il n'en contrôle actuellement que trois.

Le président a aussi prévenu les démocrates qui viennent de prendre le Congrès après leur victoire électorale de novembre qu'une sortie prématurée de l'armée américaine de l'ancienne Mésopotamie donnerait le champ libre aux groupes terroristes et plongerait la région dans le chaos. Une défaite des Etats-Unis en Irak "créerait un nouveau sanctuaire pour les extrémistes, et une menace stratégique pour la survie" de l'Arabie saoudite, de l'Egypte, de la Jordanie et des Etats du Golfe, a-t-il aussi déclaré à l'intention de ces pays.

"La situation en Irak est inacceptable pour la population américaine, et elle est inacceptable pour moi", a affirmé le président. assumant - dans un geste dont il est peu coutumier - la responsabilité des "erreurs commises" depuis le début de l'intervention américaine voilà bientôt quatre ans.

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