L'intérêt des investisseurs pour les bons du Trésor américains faiblit

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Selon le rapport mensuel sur les flux de capitaux (TICS) publié par le département du Trésor vendredi, la Chine a vendu 5,8 milliards de dollars d'obligations gouvernementales en avril, ajustant son stock de Treasuries à la baisse pour la première fois depuis octobre 2005.

L'intérêt des étrangers pour les bons du Trésor américains n'avait pas été aussi faible depuis un an, révèle le rapport mensuel sur les flux de capitaux (TICS) publié par le département du Trésor vendredi. Les investisseurs internationaux détenant environ la moitié de la dette publique américaine négociable, cette nouvelle pourrait bien éveiller quelques inquiétudes dans un marché obligataire résolument baissier. En trois mois, les rendements américains ont progressé de plus de 70 points de base et si, à l'heure actuelle, ils se détendent après leur pic à 5,32% mercredi dernier, le répit devrait être de courte durée.

En avril, les non résidents ont seulement acquis (en net) 376 millions de dollars d'emprunts d'Etat américains. La Chine - après le Japon, c'est le pays qui détient l'encours le plus important de Bons du Trésor : 414 milliards de dollars sur un total de 4.400 milliards de dette publique négociable - a en particulier vendu 5,8 milliards de dollars d'obligations gouvernementales, ajustant son stock de Treasuries à la baisse pour la première fois depuis octobre 2005. Si les économistes se gardent d'en tirer des conclusions trop hâtives, car les chiffres sont fréquemment révisés, c'est la première fois qu'une statistique officielle appuie à ce point la thèse de la diversification des réserves de changes.

Selon certaines études, la constitution de fonds de gestion des réserves de changes en Asie mais aussi parmi les pays exportateurs de pétrole, sonne la fin de la préférence absolue des Banques centrales pour les actifs sans risque libellés en dollar. Des gérants moins allergiques au risque étant chargés d'optimiser les gigantesques excédents commerciaux dégagés par la Chine, la Russie ou les pays exportateurs de pétrole, il est même probable qu'un montant significatif de capitaux soit, à terme, réorienté vers les actions, la dette privée, voire les actifs émergents. Pour l'économiste de Morgan Stanley, Stephen Jen, les rendements obligataires pourraient ainsi augmenter de 30 à 40 points de base dans les dix prochaines années sous l'effet de cette diversification des réserves de changes.

Les investisseurs britanniques se sont de leur côté délestés de 12,4 milliards de dollars de bons du Trésor en avril. La place financière londonienne sert d'intermédiaire pour beaucoup de banques centrales, en particulier les monarchies pétrolières du Golfe.

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