Jean-Claude Trichet prépare à une hausse des taux dès septembre
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Le message est limpide. Lors de sa conférence de presse "surprise", Jean-Claude Trichet a clairement préparé le marché à une hausse des taux d'un quart de point en septembre, en réintroduisant le terme de "forte vigilance" dans son discours. Le doute planait jusqu'ici sur l'arbitrage de la Banque centrale européenne (BCE) entre un tour de vis en septembre ou en octobre. Pour l'heure, pas de changement. Comme prévu, la BCE a laissé son taux à 4%, à un plus haut depuis six ans. Alors que rien n'était prévu, la BCE avait annoncé ce jeudi en fin de matinée aujourd'hui que son président Jean-Claude Trichet tiendrait ce jeudi un point-presse pour expliquer les décisions de politique monétaire du conseil des gouverneurs.
"Cette conférence inattendue laisse penser que la BCE souhaite préciser la date de la prochaine hausse des taux, le terme de "forte vigilence" sera probablement introduit dans le discours pour suggérer un mouvement le mois prochain", avait prédit Stuart Bennett, économiste chez Calyon Crédit Agricole. Onze sur treize des économistes interrogés par l'agence Bloomberg s'attendent à ce que la BCE signale une hausse des taux en septembre, la neuvième depuis fin 2005.
L'urgence d'une hausse des taux est parfaitement discutable, de nombreux indicateurs prêchant à la fois le pour et le contre. D'un côté, l'activité eu Europe décélère après avoir atteint des sommets. L'indice PMI de la zone euro marque le pas. Mais les niveaux restent au delà du potentiel de croissance et l'emploi continue de s'améliorer. Par ailleurs, le potentiel d'inflation à court terme reste faible. Si le prix du pétrole a grimpé, les capacités d'utilisation de production ont reculé pour la première fois en deux ans. Enfin, les risques inflationnistes à long terme sont plus élevés, avec l'augmentation de la masse monétaire M3. Reste que la vigueur de l'euro préserve d'une inflation importée.
La polémique est montée d'un cran hier entre les défenseurs de l'indépendance de la BCE et la France, qui prône le dialogue avec les gouvernements. Alors que le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet souhaite que les pays puissent faire contrepoids à la BCE, le président de la Bundesbank Axel Weber a vivement réagit à cette proposition.
Statu quo de la Banque d'Angleterre
Plus sujette à des mouvements inopinés, la Banque d'Angleterre (Bank of England, ou BoE) n'a cette fois-ci réservé aucune surprise et laissé comme attendu son taux directeur à 5,75%, également un plus haut depuis six ans. "Nous avons eu quelques publications médiocres ces dernières semaines mais ça ne devrait pas émouvoir la Banque d'Angleterre", indique Paul Robson, stratégiste sur le marché des devises chez Royal Bank of Scotland Group, interrogé par l'agence Bloomberg à Londres. "Tout le monde s'attend à un statu quo de la banque", ajoute-t-il.
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