La majorité divisée sur la réforme du contrat de travail

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Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy trouvent dans la réforme du contrat de travail un nouveau thème de discorde. Au centre du débat, le CNE, contrat nouvelles embauches, que le Premier ministre veut étendre alors que le candidat UMP à la présidentielle en souligne les "défauts".

L'ouverture de la campagne électorale ne signe pas l'armistice entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy. Un nouveau thème d'affrontement divise aujourd'hui le Premier ministre et le candidat UMP à la présidentielle : la réforme du contrat de travail. Sur le fond du dossier, toute la droite se retrouve pour prôner un assouplissement du droit du travail, seule voie, selon elle, pour "libérer les embauches", comme elle se plaît à le répéter.

Une fois le diagnostic posé, reste à trouver les voies de la réforme. Et c'est là que les divisions apparaissent. Dans son programme présidentiel, Nicolas Sarkozy propose l'instauration d'un contrat de travail unique qu'il présente comme un CDI (contrat à dutée indéterminée) assorti de droits progressifs pour le salarié et de procédures de licenciement allégés pour l'employeur. Ce nouveau contrat de travail serait réservé aux nouvelles embauches et ne s'appliquerait donc pas aux salariés employés aujourd'hui en CDI.

Cette proposition ne semble guère séduire le Premier ministre. Lors de sa conférence de presse mensuelle ce mardi, Dominique de Villepin a manié l'ironie en évoquant, sans le nommer précisément, le projet de Nicolas Sarkozy. "On n'improvise pas tout à coup un contrat de travail unique", a-t-il lancé. "Je ne crois pas que de but en blanc on puisse bâtir un contrat type comme on bâtit une maison type" a-t-il ajouté en se demandant comment on pouvait "un beau matin, d'un coup de baguette magique, sortir du chapeau comme un lapin, un nouveau contrat de travail...". Au candidat UMP d'apprécier...

En fait, c'est l'avenir du CNE, le contrat nouvelles embauches, qui est au centre du débat. Créé par ordonnance par Dominique de Villepin dès son arrivée à Matignon l'été 2005, le CNE, réservé aux entreprises de vingt salariés au plus, permet à l'employeur de se séparer de son salarié pendant les deux premières années du contrat, sans justifier d'un motif de licenciement.

Le Premier ministre s'est réjoui ce mardi du succès de cette expérience. "Prés de 800.000 CNE ont été signés" a-t-il affirmé. Pour tenter d'atténuer les critiques sur ce contrat jugé trop précaire par une grande partie des Français, il a annoncé que le CNE allait être "amélioré" dans les prochaines semaines pour les salariés victimes de rupture de contrat.

Faut-il généraliser le CNE ? Sur cette question, les avis divergent. Dominique de Villepin est favorable à son "élargissement", tout comme ses ministres de l'Economie Thierry Breton et des PME Renaud Dutreil qui préconisent son extension dans les entreprises de 250 salariés au plus.

Nicolas Sarkozy défend sur le sujet une position évolutive, qui alimente les critiques dans les rangs socialistes. La semaine dernière, le candidat UMP à la présidentielle a affirmé que le contrat de travail unique qu'il préconise devait "s'inspirer" du CNE. Volte-face quelques jours plus tard. Son porte-parole Xavier Bertrand, dans une interview à la Tribune le lundi 29 janvier, a souligné les "défauts" du CNE , comme "l'absence de motivation de la rupture du contrat et une période d'essai bien trop longue". "Notre intention n'est pas de le généraliser" a-t-il affirmé.

Une déclaration qui déçoit le Medef. Dans une interview à Métro paru ce mardi, Laurence Parisot, la présidente du Medef, vante les mérites du CNE "qui a incontestablement boosté l'emploi dans les petites entreprises". S'inscrivant dans la ligne défendue par le Premier ministre, la "patronne" des patrons estime que "l'expérience probante du CNE dans les entreprises de moins de 20 salariés aurait pu inciter le gouvernement à étendre l'expérience..." . Le débat sur la réforme du contrat de travail s'annonce comme un thème majeur de la campagne électorale.

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