L'Europe se prépare à la levée des quotas sur le textile chinois

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Dès le 1er janvier 2008, les quotas d'importation sur les produits textiles chinois vont être levés dans l'Union Européenne. Les industriels du secteur se préparent alors qu'une première levée en 2005 avait provoqué un raz de marée d'importations chinoises.

Eviter une nouvelle déferlante de produits chinois. Ce sera tout le défi de la levée, dès le 1er janvier 2008, des quotas d'importations sur le textile chinois alors que la première tentative en 2005 avait été un échec.

De fait, pour éviter de reprendre le même chemin qu'il y a deux ans, l'Union européenne a décidé de remplacer les quotas de manière transitoire par un "système conjoint de surveillance". Appelé à fonctionner pendant un an, il doit permettre de réagir en cas d'afflux trop important de produits textiles chinois, avant la disparition de tout système de contrôle en 2009.

Ce système couvrira huit catégories de produits sensibles (T-shirts, pulls, pantalons...), sur les dix concernés par les quotas, avec une surveillance des autorisations d'exportations délivrées en Chine et du niveau des importations dans l'Union européenne.

Les Européens n'excluent pas toutefois une nouvelle hausse des importations comme en 2005, mais tablent sur une évolution moins brutale. La semaine dernière, les députés européens ont cependant fait part de leurs inquiétudes pour l'industrie textile européenne, qui emploie 2,5 millions de personnes, dans des pays comme la Bulgarie, la Roumanie, l'Italie ou la France.

En France justement, les industriels du secteur se veulent confiants. Les entreprises textiles, repositionnées sur des gammes plus spécialisées, accueillent avec sérénité la fin des quotas européens sur les produits de leurs concurrents chinois qui, selon elles, ne devraient pas submerger le marché français.

"S'il y avait des modifications radicales à attendre de la fin des quotas, on en aurait déjà subi le contrecoup car les commandes pour la saison 2008 ont été passées début 2007", explique ainsi Thierry Noblot, délégué général de l'Union des industries textiles (UIT). "Or on n'en constate aucune".

En 2005, la première levée de ces quotas avait pourtant déstabilisé la filière en provoquant une explosion des importations de produits chinois. Selon Gildas Minvielle, de l'Institut français de la mode (IFM), la fin des quotas devrait logiquement provoquer "un renforcement des importations européennes d'habillement en provenance de Chine". Mais pas de déferlement en vue. "Cela ne va rien changer pour nous", affirme Gérard Ravouna, président de la fédération Mode habillement Rhône-Alpes et de la PME lyonnaise Babouchka-Silence On Tourne, spécialisée dans la fabrication de vêtements féminins.

Selon lui, la prolongation des quotas n'a "servi à rien": "depuis deux ans, les produits de Chine continentale transitaient par Hong Kong ou des pays voisins qui n'étaient pas assujettis aux quotas", souligne-t-il. Pas d'inquiétude non plus pour Véronique Renucci, présidente de Bel Maille, qui fabrique du tissu pour de grandes marques françaises. Même si la fin des quotas pourrait être "gênante", elle table pour 2008 sur une progression de ses ventes, alors qu'elles avaient chuté de 10% en 2005.

Les fabricants français misent sur leur réactivité, et leur positionnement sur des produits de niche, textiles "techniques" ou à destination de marchés très spécialisés. La confiance est aussi de mise parce que "les entreprises ont très largement effectué leur restructuration au cours des deux dernières décennies", note François-Marie Gros, délégué général de l'Union française des industries de l'habillement (UFIH). Une restructuration qui s'est traduite par une hémorragie en termes d'emploi : entre 1995 et 2005, les effectifs du secteur, encore très fragile, ont fondu de 40%, à 82.000 salariés.

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