Ségolène Royal se rend en Chine, invitée par le parti communiste chinois

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La candidate du parti socialiste à l'élection présidentielle se rend de samedi à mardi en Chine. Le nom de ses contacts sur place n'a pas été dévoilé. Elle tend parler de tout, économie, écologie et même droits de l'homme...et de la femme.

Après sa visite très médiatisée et controversée au Proche-Orient en novembre dernier , Ségolène Royal arrive samedi en Chine. Elle estime que les Français ne doivent "pas craindre" le développement "foudroyant" de ce pays. La candidate du parti socialiste à l'élection présidentielle entend y parler de tout "avec franchise", y compris des droits de l'homme.

A la tête d'une petite délégation d'élus socialistes, la présidente de Poitou-Charentes séjournera à Pékin jusqu'à mardi à l'invitation du Parti communiste chinois. Comme à Beyrouth, Ramallah ou Tel Aviv après Madrid et Rome cet automne, elle entend "nouer des contacts personnels" avec les dirigeants et rechercher des "partenariats judicieux et offensifs" dans la perspective d'une victoire à l'Elysée.

S'il annonce une visite de la Grande muraille et de la Cité interdite, la candidate, qui s'est déja rendue en Chine en 1995, n'a pas souhaité confirmer ou infirmer une rencontre avec le président chinois, Hu Jintao, ou le Premier ministre Wen Jiabao.

Dans le cadre de sa "phase d'écoute", qui doit déboucher sur la présentation de son programme présidentiel en février, Ségolène Royal a souligné sa volonté de comprendre "une très grande civilisation" qui pourrait devenir la deuxième économie mondiale à l'horizon 2020.

Cinq dossiers ont été retenus par la candidate: les "délocalisations et le poids croissant de l'économie chinoise", l'environnement, le "co-développement avec l'Afrique", la "place de la femme" dans la société et "bien évidemment" les questions de droits.

La Chine est "peut-être le symbole de ce qui fait le plus peur aux Français dans la mondialisation" et Ségolène Royal a pris pour habitude "d'aller au coeur des difficultés", a expliqué à Reuters son co-directeur de campagne, Jean-Louis Bianco.

Ségolène Royal, qui n'emmène avec elle aucun homme d'affaires mais rencontrera des acteurs économiques locaux, veut voir "comment la France et l'Europe peuvent tirer mieux partie du développement de la Chine pour leurs entreprises et leur savoir-faire".

L'ancienne ministre de l'Environnement de François Mitterrand consacrera une part importante de son déplacement aux questions d'écologie et doit notamment s'entretenir avec le ministre chinois de l'Environnement.
Si elle rattrapait le niveau de consommation des Etas-Unis, la Chine "consommerait les ressources de trois planètes", a-t-elle fait valoir, saluant les efforts de Pékin pour mettre en place un "PIB vert" ou ses recherches sur les véhicules propres.

"Sans en rabattre sur les principes", Ségolène Royal a l'intention de "parler avec franchise" de tous les sujets même ceux qui fâchent - Tibet, droits de la femme, Taïwan, liberté d'expression et accès à Internet, nucléaire iranien - la Chine étant membre permanent du conseil de sécurité des Nations unis. Elle arrivera d'ailleurs à Pékin au lendemain de la visite du négociateur iranien sur les questions nucléaires, Ari Larijani.

"Je n'y vais pas en donneuse de leçons", a-t-elle insisté. "On ne peut pas être dans des postures de domination" quand la France elle-même ne respecte pas une partie de ses engagements internationaux - les normes environnementales du protocole de Kyoto - ou quand le "pays des droits de l'homme" est le théâtre d'émeutes de banlieues et laisse dormir ses concitoyens dans la rue.

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