La Fed laisse son taux directeur inchangé à 5,25%

Comme prévu, la Réserve fédérale a maintenu son taux directeur inchangé à 5,25%. Elle souligne que la croissance économique est devenue "un peu plus solide" ces derniers temps. Toute perspective d'une baisse des taux américains semble donc désormais exclue.

Quelques heures après la publication de chiffres bien meilleurs que prévus pour la croissance américaine, le discours de la Réserve fédérale (Fed) a été teinté de précaution à l'égard des risques inflationnistes. Alors que le président de la Fed Ben Bernanke a laissé comme prévu son taux directeur inchangé à 5,25%, c'est surtout la teneur du communiqué publié dans la foulée qui retient l'attention des observateurs.

Selon ce texte, la Fed estime que la croissance économique est désormais "un peu plus solide". En conséquence, le risque inflationniste demeure, même si "les pressions inflationnistes devraient se modérer à terme". Il faut dire qu'après une croissance de 3,5% au quatrième trimestre 2006, contre 3% prévu par les économistes et 2% au trimestre précédent, les sages de la Réserve fédérale ont de quoi s'inquiéter un peu des risques inflationnistes dans les mois qui viennent. Même si pour l'heure, le sujet n'est pas d'actualité: également publié aujourd'hui, l'indice des prix lié aux dépenses de consommation (PCE) a reculé de 0,8% au quatrième trimestre, en grande partie grâce au recul des cours du pétrole. C'est la baisse la plus importante depuis l'automne 1954, après une hausse de 2,4% au trimestre précédent.

Mais l'indice PCE sous-jacent, c'est-à-dire hors éléments volatils tels que l'alimentation et l'énergie, a augmenté de 2,1% après 2,2% en novembre. Et Ben Bernanke fait parti de ceux qui situent la zone de confort de l'inflation sous-jacente entre 1% et 2%. "La Réserve fédérale sera très probablement satisfaite de ces chiffres bénins d'inflation. Mais la vigueur de la croissance laisse penser que les pressions inflationnistes restent présentes", indiquait Marie-Pierre Ripert, économiste chez Natixis, après cette publication.

La Fed a relevé une dernière fois son taux directeur en juin dernier, lors du dix-septième tour de vis consécutif d'un quart de point. Lors de sa dernière réunion le 12 décembre, la banque centrale américaine avait souligné le ralentissement du marché immobilier et l'aspect mitigé des derniers chiffres macro-économiques. Mais depuis, la situation s'est nettement éclaircie sur le supposé ralentissement économique aux Etats-Unis. Avec une croissance annuelle de 3,4% en 2006 contre 3,2% l'année précédente et un tel redressement au dernier trimestre, le terme de ralentissement paraît désormais hasardeux.

Les espoirs de baisse imminente des taux directeurs le sont désormais tout autant: les termes du communiqué publié ce soir par la Fed indiquent clairement qu'il n'y a aucune perspective de réduction des taux américains dans un horizon prévisible.


Paulson déclare suivre de très près l'évolution du yen
Le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson a indiqué aujourd'hui qu'il suivait de "très très près" les mouvements du yen, en forte chute face au dollar depuis plus d'un mois. Alors que le yuan concentre toutes les critiques des Occidentaux depuis des années, seuls les constructeurs automobiles américains s'étaient plaints l'an dernier de la faiblesse du yen face au dollar qui, selon eux, avantage les ventes de leurs concurrents japonais aux Etats-Unis. Lors de leur réunion à Bruxelles lundi, les principaux responsables de la politique économique de la zone euro avaient implicitement mis en cause le pouvoir politique japonais, soupçonné d'avoir fait pression sur la Banque du Japon pour qu'elle maintienne un statu quo monétaire qui contribue à la sous-évaluation du yen.

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