Vers une nouvelle résolution de l'ONU sanctionnant l'Iran

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Les six grandes puissances travaillent à une nouvelle résolution plus contraignante contre Téhéran. "La république islamique ne renoncera jamais", répètent les autorités iraniennes.

Il y a "beaucoup de chances" pour que les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU puissent s'entendre "rapidement" sur une deuxième résolution sur l'Iran, accompagnée de sanctions économiques, a déclaré ce mardi le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy. Le chef de la diplomatie française a confirmé ainsi la volonté des grandes puissances d'avancer vite sur le dossier sensible du nucléaire iranien, alors que Téhéran ne cesse de chercher à gagner du temps tout en ne cédant rien sur le fond.

L'Iran refuse toujours, en effet, de suspendre son enrichissement d'uranium, a réitéré ce mardi le chef de la diplomatie, Manouchehr Mottaki. "Les Européens nous ont donné une liste de suggestions dans laquelle ils promettaient d'aider l'Iran à fabriquer des centrales nucléaires et demandaient en échange un arrêt de l'enrichissement, ce qui est illégal et illégitime (...) et ne se réalisera jamais", a-t-il déclaré, martelant que "la république islamique d'Iran ne renoncera jamais à son droit à la technologie nucléaire civile".

Une déclaration qui intervient au lendemain de la réunion, lundi, des représentants diplomatiques des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Chine, Russie), plus l'Allemagne, dans la capitale britannique, pour commencer à travailler sur une nouvelle résolution du Conseil de sécurité. Le Britannique John Sawers, qui présidait la réunion, a indiqué qu'elle n'avait débouché sur "aucune décision", même si elle avait été à ses yeux "productive".

"Il faut une deuxième résolution", a poursuivi ce mardi matin Philippe Douste-Blazy, en relevant que le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed El Baradei, avait souligné dans son rapport la semaine dernière que Téhéran "était très, très loin" de se conformer à la résolution 1737. Celle-ci, adoptée fin décembre, prévoyait un premier train de sanctions à l'encontre de l'Iran, en raison du refus des autorités iraniennes de suspendre leur programme d'enrichissement d'uranium.

De son côté, Tony Blair a estimé ce mardi que l'Iran commettait "une grosse erreur de calcul" en refusant, comme l'exigent les Nations-Unies, de suspendre son programme nucléaire controversé. "Les commentaires en provenance de l'Iran sont très inquiétants (...) parce qu'ils indiquent une fois de plus que Téhéran veut défier la communauté internationale", a déclaré le Premier ministre britannique lors d'une conférence de presse.

Côté américain, la pression est toujours forte. "Même si nos informations sont incomplètes, nous estimons que l'Iran pourrait produire une arme nucléaire d'ici le milieu de la prochaine décennie", a estimé mardi le chef du Renseignement américain, Michael McConnell, lors d'une audition au Sénat. "Nous estimons que l'Iran cherche à développer des armes nucléaires et a montré plus d'intérêt à se tenir à l'écart des négociations qu'à parvenir à une solution diplomatique acceptable", a-t-il poursuivi.

Selon Michael McConnell, les inquiétudes liées à l'Iran vont au-delà du dossier nucléaire: les prix du pétrole en hausse et la montée en puissance du Hezbollah ont accru l'influence de l'Iran dans la région. "C'est une situation très dangereuse car un Iran nucléaire pourrait provoquer des réactions déstabilisantes de la part des autres Etats dans cette région volatile", a-t-il ajouté.

Alors que pèse toujours la menace d'une frappe américaine contre l'Iran, Le Figaro révèle ce mardi que l'ancien ministre des Affaires étrangères français, Roland Dumas, vient de se rendre à Téhéran. Un voyage qui intrigue dans le contexte actuel: le Quai d'Orsay le présente comme un "déplacement privé", tandis que la presse de Téhéran parle de "l'envoyé spécial français". L'intéressé lui-même a précisé qu'il avait répondu à une invitation du conseiller diplomatique du Guide suprême de la république islamique, Ali Khamenei. Sur le fond, Roland Dumas ne révèle rien, se bornant à préciser que sa visite a été "particulièrement utile" et qu'il entendait communiquer au président Chirac et aux autorités françaises le résultat de ses entretiens.

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