Rama Yade, l'étoile montante
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Il fallait voir cette jeune fille, toute fraîche, dimanche soir sur TF1 "accrocher" le vieux briscard Hollande et lui tenir la dragée haute, "avec tout le respect qu'(elle lui doit)", pour comprendre que Rama Yade n'allait pas rester longtemps simple responsable de l'UMP. Elle décroche aujourd'hui, à 31 ans, un premier portefeuille de Secrétaire d'Etat au auprès du ministre des affaires étrangères et européennes, chargée des affaires européennes et des Droits de l'Homme. Et un symbole de la diversité.
Cette scène télévisuelle est la troisème étape, en forme de révélation publique, d'un cursus mené au pas de charge. La première: sa promotion, en 2006, comme secrétaire nationale de l'UMP chargée de la francophonie. La seconde, un discours d'une quinzaine de minutes très applaudi, le 14 janvier 2007, au congrès de désignation de Nicolas Sarkozy, comme candidat UMP à la présidence de la République. Ce jour-là, elle s'en prend avec virulence à un PS "sans projet, sans idée, sans vision", accordant aux enfants de l'immigration "de la pitié plutôt que le respect". L'attaque de l'adversaire a toujours été une bonne tactique pour emballer une salle bourrée de militants. Rama Yade le sait.
L'a-t-elle appris dans son jeune passé baigné de politique - plutôt à gauche d'ailleurs? Lorsque Ramatoulaye Yade-Zimet, son patronyme complet, naît à Dakar en 1976, son père est un proche du président sénégalais socialiste Léopold Sédar Senghor. En France, elle habite, avec sa mère et ses trois soeurs à Colombes (Hauts-de-Seine). Après des études à Sciences Po, elle se marie avec un socialiste. L'union est d'ailleurs célébrée par Christian Sautter, adjoint au maire PS. Elle réussi ensuite le difficile concours d'administratrice du Sénat. Un poste qui laisse le temps nécessaire pour envisager une carrière politique.
Rama Yade a su saisir l'occasion. En devenant vice-présidente d'un de ces clubs militant pour la diversité, creuset d'une nouvelle génération politique et médiatique. En écrivant un livre ("Noirs de France", Calmann-Lévy, janvier 2007). Et toujours, et partout, en portant haut les couleurs de Nicolas Sarkozy. Avec au bout de ces quelques années, un premier poste gouvernemental. Un première étape, vraisemblablement. De quoi, pour cette sarko girl à la belle allure, s'aiguiser des quenottes encore plus acérées.
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