La contestation étudiante de la loi Pécresse prend de l'ampleur

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Plusieurs universités, à Tours, Toulouse, Aix-Marseille et Paris sont bloquées. La Sorbonne a été évacuée par la police dans la nuit de mardi à mercredi. Les étudiants craignent que le recours possible au financement privé des universités n'accentue les inégalités entre établissements.

Adoptée au mois d'août dernier, la loi Pécresse, du nom de la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, qui prévoit, dans un délai de cinq ans, que toutes les universités françaises accèdent à l'autonomie dans les domaines budgétaire et de gestion de leurs ressources humaines, semble avoir réveillé la contestation estudiantine.

Plusieurs universités, de Tours à Toulouse en passant par Paris, sont bloquées depuis hier. La Sorbonne a même été évacuée dans la nuit de mardi à mercredi par la police. Au total, une quinzaine d'assemblées générales ont réuni hier les étudiants - de quelques dizaines à plus d'un millier - et cinq universités ont voté le blocage.

Ce mercredi encore, les étudiants de l'UFR de lettres et sciences humaines de l'université Aix-Marseille I ont voté le blocage des locaux lors d'une assemblée générale qui a réuni 900 personnes. La mayonnaise pourrait donc bien prendre, rappelant ainsi les heures chaudes de la contestation sur le CPE de 2006...

Si Valérie Pécresse se dit attentive à la grogne qui s'étend, elle n'entend pas pour autant revenir sur le principe d'autonomie. Or, pour certains étudiants et syndicats, c'est ce principe même qu'il faut combattre. Car en octroyant la possibilité aux universités de gérer leur budget et leurs ressources humaines, et en faisant pour cela appel si elles le veulent à du financement privé, ce dispositif serait de nature à accentuer les inégalités entre établissements "riches" et établissements "pauvres".

Pas étonnant que le Premier ministre, François Fillon, mette l'accent, comme il l'a fait ce matin sur Europe 1, sur le budget - 1,8 milliard d'euros supplémentaires - alloué à l'enseignement supérieur et la recherche pour le prochain exercice.

Quoi qu'il en soit, c'est bien la question du financement de l'enseignement supérieur qui est en jeu: soit sous la forme d'un recours, contesté, aux financements privés et notamment des entreprises, soit une dépendance du budget de l'Etat.

Or, comparées aux performances des universités étrangères, les performances françaises sont éloquentes. Selon le classement de l'Université de Shanghai, les universités françaises occupent le 47ème rang - sur 50 ! - si l'on prend comme critère les prix Nobel et le nombre d'articles publiés par les professeurs d'universités françaises dans des revues spécialisées.

Et question dépenses par étudiant, la France se situe en 8ème position seulement, avec 7.500 euros par étudiant sur le budget de l'Etat et 1.200 euros octroyés par le privé. Loin, loin derrière le Danemark, par exemple, qui débourse 25.600 euros de fonds publics par étudiant, et loin derrière l'Allemagne, qui dépense 11.500 euros publics et 900 euros privés. Et évidemment, très, très loin derrière les Etats-Unis, où la dépense publique est de 16.600 euros et la dépense privée de 19.900 euros par étudiant.

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