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Murano, le verre dans son éclat

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Publié le 09 novembre 2007 à 05:20 - Mis à jour le 23 octobre 2008 à 17:49

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Les verriers vénitiens sont des artistes fantasques. Leurs modèles des années 30 et 50 sont les plus recherchés. Des pièces uniques, rares et chères.

Murano est une petite île accolée à Venise où l'on travaille le verre depuis 1291, année où le Doge ordonna le transfert des ateliers de la Sérénissime, suite à de nombreux et graves incendies dans la ville. Autant dire qu'on y sait maîtriser l'art du feu, et souffler le verre. Si la conquête austro-hongroise a mis fin à la domination de la cité au XVIIIème siècle, imposant le cristal de Bohème, les verriers de Murano ont reconquis leur place après la guerre dans les années 1920 sous l'impulsion de quelques maîtres artisans: Fluvio Bianconi Ercole Barovier, Carlo Carpa, Dino Martens, Aureliano Tosco, Paolo Venini dont les signatures sont aujourd'hui particulièrement recherchées, car leur production, très créative a marqué l'Art déco puis, via leurs ateliers, les années 1950 et 60, les deux périodes fondamentales pour les collectionneurs.

Laissant libre cours à leur fantaisie, ces verriers ont créé des milliers de vases, coupes, flacons, plats aux formes épurées, aux couleurs brillantes, aux filigranes sophistiqués, la plupart en pièces uniques, déclinées en dizaines de coloris et parfois en plusieurs tailles. Ce sont ces pièces que les amateurs, surtout Américains, Japonais, Italiens, Suisses et depuis peu Français apprécient le plus. Des pièces dont les cotes ne cessent de s'élever car l'offre est restreinte. Depuis les années 1970, par manque de renouveau artistique, la verrerie de haut de gamme de Murano a décliné, même si certains créateurs actuels (Tagliapetra ou Ohira) travaillent dans les ateliers leurs oeuvres contemporaines, loin toutefois de ce que produisaient les anciens. SAVOIR : Le marché ne retient que les périodes des années 1930/40 et 1950/60 et reste réservé quant aux rééditions, aux qualités inconstantes. Les initiés n'achètent que les pièces uniques, parfois en plusieurs déclinaisons, plus souvent dans les quelques galeries spécialisées (Art déco ou design) qu'en salles des ventes où ces verreries sont peu fréquentes, mêlées à d'autres adjudications.

Outre la rareté du modèle, la gamme de couleur, la finesse technique et la signature du verrier (pas toujours présente), c'est la qualité du travail qui détermine le prix. Toute erreur de fabrication, par exemple une bulle d'air dans la masse, est déconsidérée, tout comme la moindre fêlure : un flacon ébréché ne vaut pratiquement plus rien. Les spécialistes recommandent de ne jamais mettre d'eau dans un vase car elle laisse des traces blanchâtres indélébiles qui déprécient de plus de moitié l'objet.

Un dernier point : sauf à connaître très précisément le parcours de la pièce, mieux vaut ne pas acquérir un Murano ancien à Venise où l'on ne vend plus que, très cher, des copies plus ou moins réussies. C'est aussi souvent le cas via Internet. ACHETER : Une bonne réédition - il y en a de qualité - ne devrait pas dépasser les 1.500 euros. Une pièce d'origine, pas toujours facile à déceler (en cas de doute, ne pas hésiter à faire appel à un expert) dépasse couramment les 3.000 euros, voire le double ou le triple si elle est originale ou de grande taille. Le marché, un temps spéculatif (entre 1990 et 1993) s'est assagi, d'autant que les amateurs les plus fortunés ne s'intéressent plus qu'aux modèles les plus rares, dont les prix peuvent dépasser les 15.000 euros, à l'instar de ce vase "Ego" de Barovier, le record étant détenu par un plat Art déco en murrhine du même Barovier adjugé 138.000 dollars il y a une dizaine d'années.

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