Voeux de Jacques Chirac aux forces vives : des réactions très disparates

 |   |  679  mots
Patronat et syndicats ont réagi de manière très différentes aux propositions de Jacques Chirace de baisser l'impôt sur les sociétés ou de parvenir à une fusion complète entre l'ANPE et l'Unedic.

Réduction de l'impôt sur les sociétés, fusion ANPE-Unedic, sécurité sociale professionnelle, etc... Voici les réactions des partenaires sociaux au discours de Jacques Chirac lors de la présentation de ses voeux aux "forces vives".

S'agissant de la proposition de baisse de plus de dix points (sur cinq ans) de l'impôt sur les sociétés, Laurence Parisot, présidente du Medef, a estimé que "Jacques Chirac donne la bonne direction. C'est tout à fait vital pour que notre pays puisse respirer mieux". Et d'ajouter que "La fiscalité pénalise les entreprises françaises, pas simplement l'impôt sur les sociétés qui n'est pas l'impôt qui pèse le plus sur les petites et moyennes entreprises. On sait qu'il a aussi des choses à faire notamment sur la taxe professionnelle".

Elle s'est aussi félicitée que le président souligne la complexité du droit du travail, notamment pour les entreprises de moins de cinquante salariés, a-t-elle ajouté Enfin, Laurence Parisot ne serait pas "a priori défavorable "à une fusion entre l'ANPE et l'Unedic mais à la condition que ce nouvel ensemble "soit géré par les partenaires sociaux" et "seulement après avoir étudié si le fonctionnement de cette nouvelle entité ne coûterait pas plus cher que deux institutions séparées..

En revanche, François Chérèque (CFDT) a rappelé que sa centrale a toujours été contre la fusion ANPE-Unedic". "Nous sommes très clairement favorable à un accompagnement des chômeurs plus efficace, avec un guichet unique pour que le chômeur n'aille pas d'institution en institution. Mais cela ne doit pas passer par une fusion Unedic-ANPE". "Les partenaires sociaux doivent conserver des prérogatives fortes sur la gestion de l'assurance chômage". "Ce n'est pas un problème d'institutions qui règlera le problème des chômeurs". Cela dit, ironique, François Chérèque a relativisé la portée du propos présidentiel en ajoutant : "l'année dernière le président souhaitait modifier l'assiette des cotisations sociales, on a vu..."

Jean-Claude Mailly (FO ), pour sa part, craint qu'un rapprochement Unedic/ANPE ne conduise à une "étatisation de l'ensemble avant une éventuelle privatisation". En outre, selon lui, l'Unedic et l'ANPE se sont déjà considérablement rapprochées, "par exemple, elles utilisent déjà une informatique commune".

Par ailleurs, Jean-Claude Mailly a indiqué que FO "était contre l'annonce d'une baisse de l'impôt sur les sociétés car c'est rentrer dans une logique de dumping fiscal et social. Qu'il y ait une harmonisation des taux de l'impôt au niveau européen, nous sommes d'accord, mais pourquoi aligner vers le taux le plus bas ?"

Jacques Voisin (CFTC), lui, s'est dit "dubitatif et un peu surpris" quant à l'idée d'une fusion de l'ANPE et de l'Unedic. "Cette idée revient à la surface régulièrement depuis plusieurs années. La question de l'avenir de l'assurance chômage est aujourd'hui entre les mains des partenaires sociaux. C'est un peu surprenant de découvrir cette idée au moment où on parle de renforcer le dialogue social. On fait tout de même la démonstration avec les partenaires sociaux de notre capacité à conduire la réforme".

En revanche, le président de la CFTC s'est montré ouvert à tout ce qui concerne l'instauration d'une véritable "sécurité sociale professionnelle". Sur ce thème, Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale, a indiqué qu'il ne désespérait pas dans les mois qui viennent de "pouvoir généraliser l'expérience du Contrat de transition professionnelle à l'ensemble des bassins d'emploi". Pour l'instant, ce contrat, qui permet à des licenciés économiques de percevoir pendant un an 80% de leur ancien salaire brut, est expérimenté sur sept sites pilotes.

Bernard Van Craeynest (CFE-CGC) s'est montré plus sceptique : "Pour la sécurité sociale professionnelle, il faut se méfier des grands mots, il faut se garder de créer des illusions dans la mesure où en dehors de la fonction publique il n'y a pas de garantie de l'emploi à vie".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :