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Les employeurs préfèrent le plus souvent embaucher un Français de souche, selon le BIT

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Publié le 15 mars 2007 à 17:20 - Mis à jour le 23 octobre 2008 à 18:48

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Les candidats à un emploi d'origine noire africaine ou maghrébine sont écartés au profit d'un candidat d'origine "hexagonale ancienne" dans 70% des cas, selon une vaste enquête de testing menée au France par le Bureau international du travail (BIT). Ils sont la plupart du temps éliminés dès le premier contact avec l'employeur.

La discrimination à l'embauche se porte bien en France. Selon une enquête menée entre fin 2005 et mi-2006 dans six bassins d'emploi (Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Paris et Strasbourg) par le Bureau international du travail (BIT) et portant sur 2.440 tests en situation (soit 4.880 candidatures à des offres d'emplois de basses et moyennes qualifications), les employeurs, lorsqu'ils effectuent un choix entre deux candidats, privilégient dans 70% des cas celui d'origine franco-française dite "hexagonale ancienne" au détriment du candidat d'orgine noire africaine ou maghrébine.

"Collectivement, les employeurs testés ont très nettement discriminé les candidats minoritaires", note le BIT, alors même qu'hormis leur nom et/ou la couleur de leur peau, ils apparaissaient "tout à fait comparables" au candidat français de souche en termes d'âge, de sexe, de formation, d'expériences professionnelles, de tenue vestimentaire et de niveau d'expression. L'enquête, qui a testé 2.323 employeurs différents, montre que la plupart du temps le candidat dit "minoritaire" est écarté dès le premier contact, que celui-ci s'effectue par téléphone, envoi de CV ou passage sur le lieu de travail, et alors même que ce candidat est systématiquement le premier à se faire connaître auprès de l'employeur.

Ainsi, "près des neuf dixièmes de la discrimination globale sont enregistrés avant même que les employeurs ne se soient donné la peine de recevoir les deux testeurs en entrevue", relève le BIT. Ce qui pose le problème de la manière de lutter contre la discrimination raciale à l'embauche, interdite par le code du travail et répréhensible pénalement. Le candidat dit minoritaire étant écarté de la première sélection dès le contact initial, il s'agit là d'"une forme assez sournoise de discrimination qu'il est impossible à détecter comme telle dans les conditions réelles de recherche d'emploi dans la mesure où le candidat minoritaire n'a pas été formellement refusé", insiste l'enquête. Seulement 11% des employeurs testés ont respecté une égalité de traitement entre les deux candidats tout au long du processus d'embauche, ce qui est peu.

Parmi les secteurs testés - hôtellerie-restauration, vente et commerce, services aux entreprises ou aux collectivités, services à la personne, transports, accueil et secrétariat, BTP, santé et action sociale -, tous ne discriminent pas de la même manière. L'hôtellerie-restauration arrive en haut de l'affiche avec plus de 4 fois sur 5 une discrimination raciale à l'embauche. Les difficultés de recrutement ne protègent donc pas contre le délit de sale gueule. Tous les candidats issus de l'émigration maghrébine ou d'Afrique noire ne sont pas égaux face à ce phénomène: les candidats noirs, hommes ou femmes, sont écartés au profit du candidat blanc dans quatre cas sur cinq. De leur côté, les femmes maghrébines ne le sont "que" deux fois sur trois. "En termes de discrimination, ce résultat n'est toujours pas satisfaisant. C'est pourtant le meilleur enregistré de toute l'enquête", souligne le BIT.

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