Eurotunnel casse le montant de ses péages pour relancer le fret ferroviaire

Le gestionnaire de l'infrastructure du tunnel sous la Manche divise par deux ses péages et veut développer la concurrence parmi les opérateurs ferroviaires

Eurotunnel veut arrêter la déroute du fret ferroviaire sous la Manche. Le gestionnaire de l'infrastructure du tunnel a décidé de diviser quasiment par deux le montant des péages, jugé souvent trop élevés par les utilisateurs, à savoir la SNCF et le britannique EWS. L'objectif est de rendre compétitif le coût par rapport au routier.

Le niveau du péage, dont le prix moyen s'élève à partir d'aujourd'hui à 4.500 euros, ne va plus dépendre de la nature de la marchandise transportée. Un tarif, susceptible d'évoluer quelque peu en fonction de l'heure de passage et de la vitesse du convoi, sera fixé pour un train. Les clients des opérateurs du tunnel auront donc à présent une totale visibilité sur le coût du tunnel.

Pour parvenir à baisser de la sorte ses tarifs, Eurotunnel a travaillé de concert avec EWS et Fret SNCF, désireux également de relancer le fret ferroviaire. Après avoir atteint 3 millions de tonnes de marchandises transportées en 1997, le trafic devrait tourner à un million de tonnes cette année, pour un tunnel dimensionné pour pouvoir accueillir 10 millions de tonnes par an.

"La SNCF joue très clairement la relance du fret ferroviaire", souligne Jacques Gounon, le président directeur général de Groupe Eurotunnel. Alors que le gouvernement britannique a décidé à la fin de l'année dernière de prendre en charge la part britannique des coûts fixes d'infrastructures frontalières fret, la SNCF est encore aujourd'hui seule côté français à supporter ces charges, à hauteur de 10 millions d'euros. "Je souhaite que le poids de l'infrastructure soit pris en charge par le gouvernement français", indique Jacques Gounon.

Ce dernier a d'ailleurs annoncé ce matin une autre mesure de relance. Pour permettre aux autres opérateurs ferroviaires de ne pas être dépendants de EWS ou de Fret SNCF, les seuls à avoir des locomotives Class 92 capables de tirer des wagons de marchandises sous le tunnel, Eurotunnel, via sa filiale Europorte 2, titulaire d'une licence d'opérateur ferroviaire, a également acquis 7 locomotives Class 92. Ainsi, elle sera en mesure de louer son matériel aux nouveaux entrants. "Je sais que cela va permettre à des chargeurs de redécouvrir le fret ferroviaire", assure le président d'Eurotunnel.

Après avoir réussi à sortir son groupe d'une logique de faillite il y a quelques mois, ce dernier s'est maintenant fixé un objectif ambitieux pour son programme de relance du fret ferroviaire: retrouver le trafic de 1997 dans les trois à cinq ans et atteindre 6 millions de tonnes dans les 5 à 7 ans. "Nous n'aurons plus besoin de l'aide à l'infrastructure lorsque nous aurons atteint ce niveau de trafic" soutient Jacques Gounon.

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