En 2006, année de transition, le missilier MBDA a consolidé sa place de leader mondial

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Le missilier européen MBDA a enregistré une légère croissance de sa chiffre d'affaires et de sa marge opérationnelle. En revanche, MBDA table sur une reprise de ses exportations, qui ont progressé de 140 % en 2006. Pour l'avenir, son patron Marwan Lahoud prévoit une stabilité de l'activité de son groupe avant une croissance à la fin de la décennie.

Marwan Lahoud est un patron heureux. A la tête de MBDA, le leader mondial dans le secteur des missiles, son groupe européen, détenu par le britannique BAE Systems (37,5 %), EADS (37,5 %) et l'italien Finmeccanica (25 %), a finalement gardé en 2006 le cap de la croissance, grâce à la consolidation du missilier allemand LFK. A périmètre constant, le chiffre d'affaires de MBDA aurait décru. "LFK est venu compenser à point nommé une légère érosion sur des marchés stagnants", a précisé Marwan Lahoud, qui a tenu à s'exprimer en français lors d'une conférence de presse à Paris. Dans ce cadre, tous les signaux financiers sont restés au vert : le chiffre d'affaires progresse à 3,3 milliards d'euros (contre 3,2 milliards en 2005), les prises de commandes s'envolent à 2,65 milliards (2,1 milliards en 2005) et enfin la marge opérationnelle (EBITDA) s'élève à 7,4 % (contre 7,3 % en 2005).
Commentant l'année 2006, Marwan Lahoud s'est notamment félicité des résultats de l'export de MBDA, qui a réussi "une très bonne année". Si ses quatre marchés domestiques (France, Grande-Bretagne, Italie et Allemagne) ont représenté près de 1,7 milliard d'euros de prises de commandes de 2006, les équipes internationales ont ramené pour 950 millions d'euros de contrats, dont 70 % du Moyen-Orient. Soit une nette progression des exports de 140 % (400 millions d'euros en 2005). Elles ont représenté l'an dernier un tiers des commandes. Au total, le carnet de commandes s'élevait fin 2006 à 13,5 milliards d'euros.
Pour 2007, Marwan Lahoud prévoit une nouvelle progression de l'export, évaluée à 25 %. Il table notamment cette année sur la signature du contrat portant sur la modernisation des avions de combat saoudiens Tornado (EADS, BAE Systems et Finmeccanica). Ce contrat est estimé de 1,5 à 2 milliards d'euros par le patron de MBDA. "L'exportation représentera deux tiers des prises de commandes totales en 2007", a-t-il précisé. En 2008, MBDA compte aussi sur la signature du contrat portant sur l'armement des 72 Eurofighter que l'Arabie saoudite doit concrétiser avec la Grande-Bretagne. Soit un contrat estimé de 1,5 milliards d'euros. "Le marché accessible des missiles est en train de repartir à la hausse après avoir traversé une phase de contraction entre 2002 et 2006", a assuré Marwan Lahoud.
Sur le plan industriel, le PDG de MBDA a mis l'accent sur la totale intégration de sa société en France et en Grande-Bretagne. "L'intégration de la société est sans doute la plus aboutie, la plus achevée en Europe au cours des cinq dernières années", a-t-il fait observé sans pour autant vouloir donner des leçons à quiconque. Et d'assurer que "le modèle intégré de MBDA permet de lisser les cycles nationaux et de maintenir une performance à l'export". Après avoir rationalisé en Grande-Bretagne et en France, MBDA a lancé début 2007 un processus de restructuration en Italie. Ce plan va impacter les effectifs de MBDA Italie (environ 1.500 salariés) de deux sites italiens (Fusaro près de Naples et celui de Rome). En France, MBDA est en train de regrouper 2.800 salariés venants de trois sites de la région parisienne en un seul situé au Plessis-Robinson.
Pour 2007, MBDA table sur un chiffre d'affaires stable. A moyen terme, le missilier mise sur une relance de la croissance du chiffre d'affaires à l'horizon de 2010 et maintient son objectif de marge de 10 % pour la fin de la décennie. "Nous avons une base solide pour construire le futur de la compagnie", a jugé Marwan Lahoud. MBDA commencera notamment à produire en 2009 les missiles Scalp naval, dont la première tranche (560 millions d'euros) a été notifiée par le ministère de la Défense fin décembre 2006, pour ses frégates Fremm et ses sous-marins Barracuda. En outre, il table sur la "poursuite de l'amélioration" de la marge opérationnelle, qui restera comprise entre 7 % et 8 %.Enfin, le missilier entend "développer sa présence en Inde", où plusieurs prospects d'envergure sont en jeu (appel d'offre portant sur 126 avions de combat de nouvelle génération, modernisation des Mirage 2000, coopération industrielle), de "confirmer sa position au Moyen-Orient et en Asie", d'assurer "le succès" de ses missiles Meteor et Aster et de "revenir en première ligne dans le combat terrestre".

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