Extrême tension au Pakistan après l'assassinat de Benazir Bhutto

Au lendemain de la mort de Benazir Bhutto dans un attentat au Pakistan, de nombreux incidents ont lieu dans le pays, où les troupes paramilitaires ont reçu l'ordre de tirer à vue sur les émeutiers. Les élections législatives du 8 janvier sont pour le moment officiellement maintenues, mais la question de leur report est ouvertement posée.

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L'attentat qui a coûté la vie, jeudi 27 décembre, à Benazir Bhutto, ex-Premier ministre du Pakistan, a plongé le pays dans le chaos, à quinze jours d'élection législatives très attendues. Des émeutes ont éclaté dans le pays et les troupes paramilitaires pakistanaises ont reçu vendredi l'ordre de tirer à vue à Karachi, selon un officier.

"Les Rangers (troupes paramilitaires qui épaulent la police) ont reçu l'ordre de tirer à vue s'ils aperçoivent des mécréants se livrant à des activités mettant en péril la sécurité de l'Etat, attaquant des bâtiments publics ou des propriétés privées", a déclaré aux journalistes le commandant Athar Ali. Il a ajouté que les troupes paramilitaires avaient déployé 16.000 hommes dans la province méridionale du Sind, dont 10.000 pour sa seule capitale, Karachi.

La principale question qui est posée aujourd'hui est celle du maintien ou non de la date des élections générales, prévue pour le 8 janvier 2008. Celles-ci pourraient être remises en question dans le contexte de tension que vit le Pakistan.

Les Etats-Unis insistent pour que soient maintenues ces élections en janvier. Reste que de nombreux experts sont sceptiques à Washington et craignent à la fois une escalade de la violence et une "farce" électorale.

Le gouvernement pakistanais a fait savoir que les élections sont toujours à l'ordre du jour pour le moment. Mais des doutes sérieux persistent sur leur maintien. Pour Daniel Markey, du Council on Foreign Relations, l'assassinat de Mme Bhutto va vraisemblablement provoquer un report des législatives, au vu des violentes émeutes qui se sont déclenchées après l'attentat de jeudi. Les émeutes qui ont éclaté au Pakistan après l'assassinat jeudi de l'opposante Benazir Bhutto ont fait 19 morts, a indiqué vendredi un haut responsable des services de sécurité.

Dans le nord-ouest du pays, une explosion survenue lors d'une réunion électorale a tué trois personnes dont le candidat aux élections législatives d'un parti soutenant le président Pervez Musharraf, a rapporté la police.

"Il y a toutes les chances que le gouvernement cherche à retarder l'élection", a déclaré ce spécialiste du Pakistan au cours d'une conférence de presse. "Il y a beaucoup trop de désordre pour continuer", a-t-il ajouté, exprimant la crainte de voir l'aggravation de la violence aboutir à une brutale répression militaire.

L'ex-Premier ministre et opposant Nawaz Sharif a pour sa part exhorté jeudi le président pakistanais Pervez Musharraf à démissionner sur le champ pour "sauver le Pakistan" et annoncé que son parti boycotterait les législatives du 8 janvier. Nawaz Sharif a également appelé à une grève générale vendredi. Il a ajouté qu'un maintien des élections législatives le 8 janvier conduirait à la "destruction" du Pakistan.

Les autorités pakistanaises, qui ont décrété trois jours de deuil national, ont par ailleurs ordonné une enquête sur les conditions de la mort de Benazir Bhutto, tuée jeudi 27 décembre dans un attentat suicide qui a visé un de ses meetings dans la banlieue d'Islamabad.

Benazir Bhutto a été inhumée vendredi dans le mausolée familial dans le sud du Pakistan, en présence d'une foule immense de partisans en deuil au lendemain de son assassinat qui a déclenché des émeutes ayant fait 19 morts.

Benazir Bhutto avait échappé à un premier attentat, le 18 octobre, à Karachi, le jour de son retour au Pakistan après huit années d'exil. Cet attentat suicide avait été le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, avec 139 morts lors d'un immense rassemblement de sympathisants qui célébraient le retour de leur leader.

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