A Marseille, Jean-Claude Gaudin résiste à la vague rose

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Face à un impressionnant forcing du maire sortant, la gauche n'a réussi à remporter qu'un des deux secteurs qui lui étaient nécessaires pour conquérir la capitale phocéenne.

Les amateurs de suspense ont été servis à Marseille avec une élection incertaine jusqu'aux dernières heures. Le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin, l'a finalement emporté, mais de justesse. Le pari de la gauche était simple: il lui fallait emporter deux secteurs, les premier et troisième apparaissant comme les plus accessibles. Si, dans le premier secteur, le socialiste Patrick Mennucci a ravi la mairie à Jean Roatta, le Parti socialiste a échoué dans le troisième secteur. Renaud Muselier y a conservé les quelques petits pour cents d'avance qu'il possédait sur le socialiste Jean-Noël Guérini. Le rapport de force a donc peu évolué entre les deux tours. Beaucoup d'électeurs d'extrême-gauche ont, semble-t-il, préféré se rendre à la plage plutôt que dans les isoloirs, alors que les voix du MoDem se sont éparpillées.

Jean-Claude Gaudin a sans doute poussé hier soir un grand "ouf" de soulagement. Jusqu'au mois de février, la situation semblait claire à Marseille, avec un maire sortant donné largement favori pour remporter un troisième mandat. Le numéro deux de l'UMP bénéficiait d'un bilan globalement favorable et d'un rapport de force qui avait donné à Nicolas Sarkozy 55% des électeurs lors de l'élection présidentielle de 2007, et six députés sur huit possibles aux législatives. Mais un mistral anti-Sarkozy s'est levé à Marseille, trouvant dans une ville qui compte 12,2% de chômeurs, 28% d'habitants sous le seuil de pauvreté et 40.000 Rmistes, un terreau favorable. Il aura fallu un impressionnant coup de rein de Jean-Claude Gaudin pour redresser la barre. Et...il lui en faudra un second pour tenir ses promesses! A commencer par 100 kilomètres supplémentaires de transports en commun en site propre. Jean-Claude Gaudin a également brisé un tabou en se déclarant favorable à l'ouverture au tourisme d'une partie des bassins marseillais du Port Autonome. Une mutation qu'il a déjà entamée avec le projet Euroméditerranée, véritable locomotive de la cité phocéenne, qui arrive aujourd'hui dans sa seconde phase. Dernier dossier vital, l'agrandissement de la communauté urbaine apporterait à Marseille les recettes fiscales indispensables pour sortir la ville de sa pauvreté. Jean-Claude Gaudin en a fait un de ses objectifs, mais il devra convaincre les maires socialistes des rives de l'étang de Berre.

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