Une semaine marquée par la confirmation du RSA et son financement controversé

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A la Une de l'actualité cette semaine, l'instauration d'une nouvelle taxe sur les revenus du capital pour financer le Revenu de solidarité active (RSA). La baisse de l'inflation dans la zone euro, les statistiques américaines encourageantes et le choix des colistiers pour l'élection présidentielle américaine ont également fait les gros titres.

TAXATION SUPPLEMENTAIRE DE 1,1% DES REVENUS DU CAPITAL POUR FINANCER LE REVENU DE SOLIDARITE ACTIVE

Le Revenu de solidarité active (RSA) sera bien généralisé à l'été 2009. Ce nouveau dispositif doit remplacer le RMI et l'Allocation de parent isolé (API) en permettant à une personne qui reprend un travail de conserver une partie de son allocation ou aux travailleurs "pauvres" de percevoir un complément à leur salaire. Expérimenté dans 34 départements sous une forme limitée, le RSA doit être examiné "en urgence" par le parlement lors de la session extraordinaire qui s'ouvre le 22 septembre. Le financement de la mesure provoquait de nombreux débats alors que les déficits publics laissent peu de marge de manoeuvre. Le Haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, avait toutefois reçu l'assurance que la mesure de généralisation du RSA serait bien appliquée.

Pour le financer, Nicolas Sarkozy a finalement choisi la mise en place d'une taxe supplémentaire de 1,1% des revenus du patrimoine (revenus fonciers, ...) et de placement (dividendes, assurance-vie...). "J'estime qu'il est normal, dans un effort de solidarité, que chacun contribue à sortir plus de 3 millions de nos compatriotes de la pauvreté ou de l'exclusion", a expliqué le président de la république. Cette annonce a suscité de nombreuses critiques, notamment au sein de la majorité. Ainsi Hervé Mariton, député UMP, parle d'une solution "qui n'est pas acceptable". "Si on dépense davantage d'argent pour le RSA, et ça vaut la peine de le faire, alors il faut faire des économies ailleurs et ne pas créer un impôt nouveau".

L'INFLATION RALENTIT LEGEREMENT DANS LA ZONE EURO

Alors que le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) doit se réunir jeudi prochain, l'office européen des statistiques Eurostat a annoncé ce vendredi que l'inflation avait ralenti au sein de la zone euro. Les prix à la consommation ont augmenté de 3,8% en août sur un an, contre 4% en juillet. Ce chiffre est légèrement inférieur aux attentes des analystes interrogés par Dow Jones Newswires, qui tablaient en moyenne sur 3,9%. Depuis l'automne dernier, l'inflation n'a cessé d'accélérer, dopée par la flambée des prix du pétrole, qui se sont approchés de 150 dollars en juillet, et des produits alimentaires. A encore 1,7% seulement en août 2007, elle avait dépassé le seuil des 2% en septembre, celui des 3% en novembre, et était montée jusqu'à 4% en juin et juillet, un record depuis la création de la zone euro en 1999. Malgré ce léger ralentissement, la hausse des prix à la consommation reste à un niveau très élevé, bien au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la BCE. Cette dernière a déjà relevé son principal taux directeur en juillet de 0,25 point pour tenter de limiter l'inflation. Mais la mauvaise santé de l'économie européenne rend cette fois-ci improbable une nouvelle hausse.

STATISTIQUES RASSURANTES SUR L'ETAT DE SANTE DE L'ECONOMIE AMERICAINE

Nouvelles rassurantes outre-Atlantique. Croissance, confiance des ménages et commandes de biens durables ont agréablement surpris les économistes. Mardi, l'indice de confiance des consommateurs a ouvert le bal en dépassant très nettement les attentes, à 56,9 points en août contre 51,9 en juillet. Les commandes de biens durables ont de leur côté progressé de 1,3% en juillet par rapport à juin alors que les analystes ne tablaient que sur une stabilité des commandes. Enfin, la croissance américaine a été révisée en nette hausse au deuxième trimestre, à 3,3% (en rythme annuel) au lieu de 1,9% annoncé initialement, du fait notamment d'une balance commerciale meilleure que prévu, a indiqué ce jeudi le département du Commerce. Les analystes ne tablaient que sur une progression de 2,5% à 2,7% du PIB.

Seule ombre au tableau: les dépenses de consommation et les revenus des ménages américains en juillet. Les premières n'ont progressé que de 0,2% en juillet, leur plus faible hausse depuis le mois de février. Quand aux seconds, ils ont reculé de 0,7%, soit leur plus forte baisse depuis août 2005. L'indice des prix liés aux dépenses de consommation (PCE) a progressé de 0,6% en juillet et celui mesuré hors alimentation et énergie a augmenté de 0,3%. Sur un an, l'inflation a continué d'augmenter: elle s'est affichée à 4,5% pour l'indice général (après 4% en juin), soit sa plus forte hausse depuis février 1991. L'indice de base a pour sa part progressé de 2,4% (après 2,3%), au plus haut depuis février 2007.

LES CANDIDATS A LA PRESIDENTIELLE AMERICAINE CHOISISSENT LEUR COLISTIER

Joseph Biden et Sarah Palin seront les deux candidats à la vice-présidence américaine lors des élections du 4 novembre. Le premier formera le ticket démocrate aux côtés de Barack Obama. La seconde épaulera le républicain John McCain. Joe Biden, 65 ans, est considéré comme un expert des questions internationales. Sénateur du Delaware depuis 35 ans, il préside la commission des Affaires étrangères de la chambre haute du Parlement américain. Ce choix vient donc combler l'une des faiblesses de Barack Obama, à savoir son manque d'expérience en matière de politique étrangère. Il devrait aussi permettre au candidat démocrate de séduire auprès de la classe ouvrière blanche et de la population âgée. De l'autre côté, Sarah Palin, 44 ans, est gouverneur de l'Alaska depuis 2006. Elle devrait séduire l'électorat conservateur en raison de ses positions très hostiles à l'avortement et de son conservatisme en matière fiscale. Sa jeunesse pourrait être un atout alors que John McCain serait, en cas de succès, le plus vieux président des Etats-Unis à sa prise de fonctions.

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