A Strasbourg, l'alliance PS-Verts distance nettement l'UMP
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Le socialiste Roland Ries a été élu maire de Strasbourg avec 58,4 % des voix, rendant au PS un pouvoir perdu dans la capitale alsacienne en 2001. La sénatrice UMP Fabienne Keller, critiquée dès le début de son septennat pour le caractère autocratique de sa gestion municipale, n'a pas réussi à redresser la barre au cours de sa dernière semaine de campagne.
Le MoDem, qui avait rassemblé 5,7 % des suffrages au premier tour, aurait pu se rapprocher des socialistes, mais Roland Ries a préféré le choix d'une alliance exclusive avec les Verts. "L'écart creusé à Strasbourg témoigne de l'ampleur d'un phénomène national, reconnaît Roland Ries. Mais ce résultat reflète avant tout la mise en cause du mode de travail de l'équipe sortante. Elle a réussi à cumuler les rancoeurs depuis 2001, y compris dans le camp de la droite".
La défaite de Fabienne Keller est sévère dans des quartiers populaires comme le Port du Rhin (42 points d'écart). Dans certains bureaux de vote de la cité de Cronenbourg, l'écart entre les candidats s'élève à 47 points. Le maire sortant a pourtant investi dans la rénovation urbaine, avec 86 millions d'euros injectés dans le Grand projet de ville du Neuhof, quelques centaines de logements rénovés et la construction de trois stations de tramway.
Roland Ries promet, comme première mesure symbolique, de "permettre à l'opposition de faire son travail". Il s'était plaint, en début de campagne, de l'absence de transparence de l'équipe sortante quant à l'état des finances de la ville. Maire intérimaire de Strasbourg entre 1997 et 2000, quand Catherine Trautmann avait été appelée au gouvernement de Lionel Jospin, Roland Ries s'était forgé une image de spécialiste des transports en commun, signant notamment une extension du réseau de tramway.
Poursuivant cette politique, il propose d'aménager un tram-train transfrontalier d'Obernai à Offenbourg, sur le réseau de chemins de fer allemand, à l'image de la ville de Karlsruhe. Il aura à gérér l'inévitable décroissance du trafic de l'aéroport de Strasbourg, concurrencé depuis juin 2007 par le TGV, et dont le maigre réseau international est vivement critiqué au Parlement européen. Perdant un quart de ses passagers, l'aéroport sera sous son seuil d'équilibre financier dès la fin de cette année. Air France pourrait même, à terme, supprimer totalement la ligne vers Paris-Orly.
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