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La Russie a promis de retirer ses troupes de Géorgie ce lundi, Sarkozy met en garde Moscou

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Publié le 19 août 2008 à 00:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:18

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Les forces russes sont accusées de tarder à se retirer de la Géorgie. Et d'avoir installé des missiles en Ossétie, qui pourraient menacer Tbilissi. L'Union européenne et les Etats-Unis mettent la pression sur Moscou. Nicolas Sarkozy signe une tribune dans Le Figaro où il affiche ses craintes sur l'attitude de Moscou.

On saura aujourd'hui lundi si, comme le promet Moscou, les forces russes se retirent de Géorgie en milieu de journée. Le président russe Dimitri Medvedev l'a annoncé dimanche. L'annonce du retrait a été faite simultanément à Moscou et à Paris, où Nicolas Sarkozy, président en titre de l'Union européenne (UE) avait réclamé un tel retrait sans quoi les relations entre l'UE et la Russie risquaient de gravement se détériorer. La pression européenne s'est aussi manifestée par l'arrivée à Tbilissi de la chancelière allemande Angela Merkel.

Au surplus, la Russie a installé plusieurs missiles de courte portée SS-21 en Ossétie du Sud, ce qui pourrait mettre la capitale géorgienne Tbilissi à portée de tirs, a annoncé lundi un responsable du Pentagone. "Nous voyons des preuves de (la présence) de missiles SS-21 en Ossétie du Sud", a précisé ce responsable sous couvert de l'anonymat. L'état-major de l'armée russe a démenti lundi cette information parue dans le New York Times, avant qu'elle ne soit confirmée par cette source au Pentagone.

Ce lundi, dans une tribune diffusée dans Le Figaro, Nicolas Sarkozy appelle à un retrait "sans délai" de "toutes les forces russes" de Géorgie, affirmant que "ce point n'est pas négociable". "Il doit concerner toutes les forces russes qui sont entrées en Géorgie depuis le 7 août. Si cette clause de l'accord de cessez-le-feu n'était pas appliquée rapidement et totalement, je serais amené à convoquer un Conseil européen extraordinaire pour décider des conséquences à en tirer".

Dans ce texte, le président français s'interroge : "nous devrons aussi déterminer si l'intervention de la Russie contre son voisin géorgien aura été une réponse brutale et excessive, dans ce cas singulier, ou si elle inaugure un nouveau durcissement de Moscou vis-à-vis de ses voisins et de la communauté internationale tout entière. Les conséquences de ce conflit "pourraient être catastrophiques s'il se révélait être annonciateur d'une nouvelle guerre froide".

Nicolas Sarkozy souligne les responsabilités des uns et des autres dans ce conflit. Il déplore "l'intervention militaire irréfléchie de la Géorgie à l'intérieur de la province rebelle (d'Ossétie du Sud) dans la nuit du 7 au 8 août" mais aussi "la réponse brutale et disproportionnée des troupes russes".

Enfin, il défend le plan de paix qu'il a mis au point, "arraché" même, avec le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner et avec les différents protagonistes : certes, il "ne régle pas tout" mais "a consacré l'accord des parties au cessez-le-feu". "L'Union européenne a répondu présent" lors de la crise russo-géorgienne, se félicite-t-il. Tout en estimant que "si le traité de Lisbonne en cours de ratification était déjà en application, l'Union européenne aurait été dotée des institutions dont elle a besoin pour faire face à une crise internationale".

Doivent suivre maintenant, sleon lui, "une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU (qui) devra consolider les premiers acquis en leur donnant une force juridique universelle" et un "dispositif international" pour "séparer les parties et vérifier qu'elles s'acquittent de leurs engagements". Enfin, "la communauté internationale devra se mobiliser pour venir en aide aux populations déplacées ou réfugiées et pour aider la Géorgie à se relever de ses destructions".

Le retrait des forces russes prévu ce lundi est en tout cas un élement clé de l'accord de cessez-le-feu entre la Russie et la Géorgie négocié par le président français, Le général russe Viatcheslav Borissov, en charge de la zone autour de la ville géorgienne de Gori, proche de l'Ossétie du Sud sur un axe stratégique reliant est et ouest de la Géorgie, avait assuré à l'AFP (Agence France Presse) dimanche que ses troupes se retiraient déjà "petit à petit" et étaient remplacées par des "forces de maintien de la paix" russes.

Le secrétaire du Conseil de sécurité de Géorgie, Alexandre Lomaïa, a au contraire accusé les forces russes, déployées en Géorgie pour venir au secours des soldats d'Ossétie du Sud, république autoproclamée pro-russe attaquée par les forces de Tbilissi le 7 août dernier, de "fortifier" leurs positions ce qui semblait, en partie se vérifier sur le terrain. Les forces russes indiquaient toutefois qu'elles étaient juste là pour empêcher les pillages et protéger les populations.

Washington a du coup fait monter la pression ce week-end. "La Russie pour le moment n'honore pas les engagements pris en signant le cessez-le-feu avec la Géorgie, à savoir de retirer ses troupes immédiatement", a déclaré dimanche la secrétaire d'Etat américaine (ministe des affaires étrangères), Condoleezza Rice, sur la chaîne de télévision NBC. Selon elle, Moscou va devoir payer le prix de son action militaire en Géorgie. "Toute notion que la Russie est un Etat responsable, prêt à intégrer les institutions internationales, politiques, diplomatiques et économiques, que la Russie est un pays différent (...), cette réputation est en lambeaux. Faire usage de force disproportionnée et être ensuite le bienvenu dans les cercles des institutions internationales. Cela ne se passera pas comme ça", a ajouté Mme Rice sur la chaîne NBC.

La secrétaire d'Etat américaine doit se rendre à Bruxelles mardi pour une réunion exceptionnelle des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'Otan. Les ministres doivent examiner la situation après l'offensive russe et alors que la Géorgie mais aussi l'Ukraine veulent rejoindre l'Alliance atlantique, ce qui irrite Moscou au plus haut point. Les diplomates s'interrogent sur un point crucial : la Russie aurait-elle attaqué la Géorgie si cette dernière était membre de l'Otan ? Et si la réponde est positive, qu'aurait fait l'Alliance atlantique donc les Etats-Unis pour riposter ? Une question cruciale pour la sécurité en Europe et plus globalement sur la planète.

La Tribune

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