Une semaine marquée par la croissance française revue à la baisse

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A la une de l'actualité cette semaine, la révision des prévisions de croissance par le premier ministre et EADS qui emporte un contrat géant auprès de la Défense britannique mais échoue à vendre des sites Airbus en Allemagne. Les rebondissements autour du rachat de Bear Stearns, l'acquisition par Tata de Jaguar et de Land Rover et l'ouverture des concertations sur les retraites ont aussi animé les débats.

Pendant la visite de Nicolas Sarkozy à Londres, le champion européen de l'aéronautique a signé avec la Défense britannique un partenariat public-privé record.

EADS emporte un succès majeur en Grande-Bretagne mais échoue à vendre ses sites de production allemands

Le consortium Air Tanker, dirigé par EADS, a reçu jeudi confirmation d'une commande exceptionnelle du ministère de la défense britannique. Le géant européen de l'aéronautique et ses partenaires Thales, Rolls Royce et VT Group devront fournir à la Grande-Bretagne quatorze "station-services volantes". Ces avions ravitailleurs de type A330-200 peuvent transporter jusqu'à 100.000 litres de carburant. Ce contrat de 16,6 milliards d'euros (13 milliards de livres), que l'américain Boeing convoitait aussi, court sur 27 ans. Le mois dernier, EADS avait reçu une commande similaire du département de la défense américain pour un montant de 35 milliards de dollars (22 milliards d'euros) même si cette commande fait l'objet d'une contestatation de son rival Boeing. La signature de ces contrats confirme l'objectif d'EADS de réduire sa dépendance à l'égard du marché de l'aviation civile. "Nous devons rééquilibrer nos activités entre Airbus et nos autres métiers - défense, espace et services - beaucoup moins sensibles aux évolutions du dollar" a rappelé jeudi Louis Gallois, le pdg d'EADS.

Cette bonne nouvelle a été tempérée par l'annonce de l'échec de la vente de trois sites de production d'Airbus en Allemagne dans le cadre du plan d'économie Power8. MT Aerospace, le partenaire allemand que EADS avait choisi pour cette transaction, a déclaré jeudi se retirer des négociations. Pour le président du groupe européen Louis Gallois, cette défection est due à la crise financière. "Les acheteurs potentiels ont plus de difficulté à trouver les financements nécessaires" a-t-il commenté. Ce revers complique le programme Airbus A350 dont le lancement dépend du succès de la vente des sites allemands et de quatre autres usines. Cependant, le français Latéocère est toujours déterminé à reprendre les sites français de Méaulte et Saint-Nazaire, l'anglais GKN est candidat pour celui de Filton (Angleterre).

Les perspectives économiques s'assombrissent en France

Après Christine Lagarde, François Fillon a reconnu jeudi que les prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour 2008 - à 2% - ne pourront pas être tenues. "La prévision du gouvernement pour 2008 se situera entre 1,7% et 2%" a concédé le premier ministre. Cette révision prend en compte l'impact de la crise financière et du ralentissement de l'économie mondiale. La croissance française s'en est d'ailleurs déjà ressentie en 2007. L'Insee a confirmé la baisse du taux de progression du PIB l'année dernière à 1,9% contre 2,2% en 2006. En outre, le déficit du budget de l'Etat s'est accentué en 2007, pour atteindre 2,7% du PIB. D'après Eric Woerth, le ministre du Budget, qui commentait ces chiffres vendredi, cette dégradation des comptes publics ne compromet pas le retour à l'équilibre prévu en 2012. Malgré ce contexte difficile, Christine Lagarde s'est aussi voulue rassurante mercredi. "La qualité de la supervision et la solidité du système financier français (...) nous permettent de bien résister aux tensions actuelles" a estimé la ministre de l'Economie.

Offre renchérie de JP Morgan Chase sur Bear Stearns

Aux Etats-Unis, JP Morgan Chase a rehaussé lundi sa proposition de rachat de Bear Stearns à 10 dollars par action, soit cinq fois plus que son offre initiale de la semaine dernière. Soutenue par la Réserve fédérale américaine et l'administration Bush, cette opération est destinée à sauver Bear Stearns de la faillite. Les membres du conseil d'administration de cette banque, très exposée aux crédits immobiliers à risque, se sont engagés à soutenir ce projet. Alors que d'autres actionnaires de Bear Stearns attendent encore une offre mieux disante, James Cayne, l'ancien président de la banque, semble convaincu que JP Morgan Chase parviendra à ses fins. Il a préféré vendre mardi ses 5,66 millions d'actions. Cette transaction ne lui a rapporté "que" 61,3 millions de dollars (10,84 dollars par titres). Il aurait pu multiplier ses gains par 15 s'il avait cédé ses titres en mars 2007. La plainte déposée jeudi par un groupe d'employés de Bear Stearns risque toutefois de compliquer les affaires de JP Morgan Chase. Ces salariés, dont le plan de retraite est constitué d'actions Bear Stearns, exigent le remboursement des pertes résultant de la chute du cours.

L'indien Tata Motors s'offre deux fleurons de l'automobile britannique

Ford a annoncé mercredi la cession des marques britanniques Jaguar et Land Rover au conglomérat indien Tata. Cette transaction devrait rapporter au constructeur automobile américain 2,3 milliards de dollars (1,5 milliards d'euros). C'est moins de la moitié de la somme investie par Ford lors de l'acquisition, en 1989 et 2000, de ces deux fleurons britanniques. Ford s'est par ailleurs engagé à renflouer - à hauteur de 600 millions de dollars - les fonds de retraite de Jaguar et de Land Rover. Cette transaction risque de perturber les adeptes de ces voitures haut-de-gamme. Tata Motors (la filiale automobile de Tata) est en effet le fabricant de la Tata Nano... la voiture la moins chère du monde ! Pour rassurer ces fidèles, Tata a demandé à Ford de continuer à produire les moteurs des deux marques.

Ouverture des concertations autour de la deuxième phase de la réforme des retraites

Xavier Bertrand a reçu jeudi les syndicats pour discuter des modalités de la réforme des retraites. Le ministre du Travail s'appuiera sur ces discussions pour concevoir les propositions du gouvernement qu'il présentera "à la mi-avril". La plupart des confédérations ont dores et déjà signifié leur opposition à un éventuel rallongement de la durée de cotisation de 40 à 41 ans. La CGT, SUD et FSU ont d'ailleurs lancé un appel à la mobilisation pour samedi. De son côté, la CFDT réclame que l'allongement de la durée de cotisation soit conditionné à "des résultats concrets, chiffrés, sur l'emploi des seniors".

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