Colonial tombe dans les mains des banques

Le premier actionnaire du groupe espagnol, Luis Portillo, a dû céder ses titres à ses créanciers. Ces derniers, qui détiennent désormais 24,5% du capital vont prendre les commandes de la société.

La fin de partie est sifflée pour Luis Portillo, l'homme d'affaires espagnol qui avait bâti sa fortune et un empire immobilier avant de voir tout s'écrouler avec l'éclatement de la bulle immobilière. Il a été contraint en fin de semaine de céder la majorité de ses titres apportés en gage à ses créanciers faute de pouvoir honorer ses traites.

Les banques qui ont prêté aux principaux actionnaires de Colonial l'équivalent de trois milliards de dollars (1,9 milliards d'euros) ont signé des accords pour échanger leurs créances contre une participation au capital du groupe immobilier espagnol, maison mère de la SFL, Société Foncière Lyonnaise, qui ploie sous une dette de près de 9 milliards d'euros.

La Caixa, Banco Popular, Bancaja et Bankinter ont annoncé qu'elles avaient restructuré la dette avec l'ancien président de Colonial Luis Portillo - endetté à titre personnel à hauteur de 1,4 milliard d'euros - et qu'elles prendraient une partie de leur paiement sous forme d'actions.

Plusieurs groupes immobiliers espagnols, victimes de l'éclatement de la bulle immobilière espagnole après un boom qui a duré dix ans, mènent des discussions sur la restructuration de leur dette avec leurs créanciers. Dans le cas de Colonial, ce sera la première fois que des banques prendront des participations directes chez le débiteur plutôt que de renégocier les conditions des crédits ou encore rallonger la maturité de la dette.

Luis Portillo et Luis Nozaleda contrôlent 42% de Colonial mais le syndicat bancaire aura moins de 30% de Colonial et n'aura donc pas l'obligation de lancer une OPA en bonne et due forme.
Au final, la Caixa détiendra 5,4% de Colonial en paiement partiel d'un prêt de 161,3 millions d'euros. Banco Popular aura 9,15%, Galicia (3,3%) Bancaja 2,77%, Caixanova (1,8%), Banco Pastor (0,9%), Banco Sabadell (0,7%) et Bankinter 0,46%. Natixis a déjà échangé des créances contre 5,4% du capital de Colonial, qui tire l'essentiel de se bénéfices de la location de bureaux à Paris, Barcelone et Madrid.

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