A plus de 96 dollars le baril, le pétrole se rapproche de ses sommets de janvier

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Nouvelle poussée des cours du brut ce lundi, la baisse du dollar amplifiant la remontée des prix de l'or noir alors que les incertitudes récurrentes sur l'état de l'économie américaine continuent à peser. Le baril continue de se rapprocher des 100 dollars atteints en janvier.

Vers 11 heures GMT (12 heures à Paris), à Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril s'échangeait à 95,12 dollars en hausse de 49 cents. A la même heure, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), dans les échanges électroniques, le baril de "light sweet crude" pour livraison en avril valait 96,23 dollars, en hausse de 73 cents. Le Nymex était fermé lundi comme la plupart des marchés américains en raison du President's Day, jour férié aux Etats-Unis et il n'y avait donc pas d'échanges à la criée.

Le baril continue ainsi de se rapprocher des 100 dollars atteints en janvier: la semaine passée a été euphorique avec les cours du baril qui ont gagné environ cinq dollars à New York, et sont ainsi remontés à des niveaux (96,67 dollars vendredi en séance) plus vus depuis le 9 janvier.

"Les flux d'investissement ont beaucoup augmenté avec des spéculateurs augmentant leurs positions à long terme" explique Olivier Jakob de Petromatrix, cité par l'Agence France Presse (AFP) soulignant que le marché réagit également à plusieurs situations de tensions politiques importantes.

Déclenchée par l'annonce d'une situation de force majeure par Shell au Nigeria, la poussée des cours a été fortement accélérée par le contentieux entre le Venezuela et le géant pétrolier américain Exxon, qui a obtenu en milieu de semaine dernière le gel de 300 millions de dollars d'actifs de la compagnie pétrolière publique vénézuelienne, PDVSA, par une cour fédérale américaine.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a récemment averti qu'il pourrait, en réaction, "ne plus envoyer une goutte de pétrole vers l'empire des Etats-Unis". Des experts ont néanmoins relativisé cette menace, soulignant que les Etats-Unis sont le premier client du Venezuela, qui lui vend la moitié de sa production (3,2 millions de barils quotidiens selon les données officielles), alors que le pétrole vénézuélien ne représente qu'environ 10% des importations américaines et que les Etats-Unis pourraient aisément, le cas échéant, augmenter leurs achats au Moyen-Orient.

Parmi les facteurs pouvant tirer les prix à la baisse, l'attente de différentes statistiques américaines pour les prochains jours, notamment de chiffres sur l'immobilier et sur les prix à la consommation en janvier, ainsi que les minutes de la réunion de la Réserve fédérale du 30 janvier.

Premier consommateur mondial d'énergie, les Etats-Unis pourraient voir leur consommation d'hydrocarbures diminuer en cas de coup de froid de la croissance, avancent les analystes. En outre, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) - 40% de la production mondiale de brut - et l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui représente les intérêts des pays consommateurs, ont toutes deux abaissé leurs prévisions respectives de croissance de la demande pour 2008.

L'Opep estime par exemple que celle-ci ne croîtrait plus que de 1,43%, contre 1,52% dans leurs estimations précédentes.

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