Ségolène Royal affirme sa volonté de prendre la tête du PS

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Après être restée vague au cours des derniers mois, la candidate malheureuse à l'élection présidentielle lève le voile en ce début d'année sur ses ambitions politiques. La présidente de la région Poitou-Charentes envisage de briguer le poste de son ancien compagnon et premier secrétaire du parti socialiste, François Hollande. Les réactions au sein du PS sont pour le moins mitigées.

Ségolène Royal se verrait bien à la tête du PS. Et, pour la première fois depuis sa défaite à l'élection présidentielle en mai dernier, elle l'affirme ouvertement : la candidate malheureuse du parti socialiste a déclaré ce jeudi envisager d'être candidate au poste de premier secrétaire du PS.

En 2008, "j'ai l'intention d'aller jusqu'au bout de ce que j'ai entamé pendant la campagne présidentielle pour rénover la gauche", a déclaré l'ancienne candidate à l'Elysée sur France 2. "Il faut d'abord réussir les étapes précédentes, c'est-à-dire mobiliser beaucoup d'intelligences (...) pour continuer à bouger les lignes politiques (...), avoir la capacité de faire une offre politique qui montre comment on peut résoudre aujourd'hui les problèmes sans déconnecter la croissance des inégalités (...), et définir ce qu'est une nouvelle force politique à gauche", a-t-elle expliqué.

"Si je suis capable de rassembler les socialistes sur cette offre politique, à ce moment-là, j'irais au bout de cette démarche", a-t-elle ajouté en réponse à une question précise sur une éventuelle candidature au poste de premier secrétaire du PS. Ces déclarations marquent une étape importante pour Ségolène Royal, qui restait jusqu'alors évasive sur ses projets au sein du PS.

Comme elle l'annoncait en décembre, après la sortie de son livre "Ma plus belle histoire, c'est vous", Ségolène Royal entend s'affirmer en 2008. "Je sens qu'il y a de plus en plus d'hommes et de femmes qui se tournent vers moi et se demandent : comment est-ce que l'on peut collectivement faire en sorte que le parti socialiste soit rénové", explique-t-elle.

Une montée en force qui survient deux mois avant le lancement des élections municipales, pour lesquelles le PS, affaibli, espère se refaire une santé. Ségolène Royal, elle, l'affirme déjà : "j'ai bien l'intention de m'engager à fond, de servir à fond en m'impliquant totalement".

Le 12 janvier, elle est ainsi annoncée à Saint-Brieuc, dans les Côtes d'Armor, ville gagnée par l'UDF en 2001 après trente années de gestion municipale de gauche. Ségolène Royal y sera aux côtés de la candidate socialiste, Danielle Bousquet, qui figurait dans son équipe de campagne présidentielle. Elle a également annoncé sa présence au troisième et dernier "forum de la rénovation" du PS fin janvier après avoir été absente lors des deux premiers.

Mais Ségolène Royal n'est pas seule sur la route pour prendre la tête du PS. A peine s'était-elle exprimée qu'Arnaud Montebourg réagissait. Le député PS de Saône-et-Loire a estimé que le parti devait éviter "à tout prix une primaire interminable entre des présidentiables qui s'affronteraient dès maintenant jusqu'en 2012", a déclaré le député sur RMC.

"Tant que la question des primaires" à gauche "n'est pas réglée, je pense qu'il est prématuré de savoir s'il faut mettre un présidentiable à la tête du parti", a-t-il estimé, redoutant "des affrontements un peu à la façon du congrès de Rennes qui risqueraient de se reproduire à la tête du PS".

"Nous avons besoin de reconstruire un parti beaucoup plus large que ce qui existe, qui se remette au travail et qui écoute la société, fasse des propositions, se rassemble et se transforme", a-t-il déclaré. Le député n'est toutefois pas tout à fait désintéressé. Arnaud Montebourg n'a lui même pas exclu sa candidature à la tête du PS. "Je ferai ce qu'on me demandera", déclarait-il mercredi dans Libération.

L'eurodéputé socialiste Benoît Hamon s'est montré encore moins enthousiaste, voire très critique, pour l'intérêt de Ségolène Royal à prendre la tête du PS. Il a estimé ce jeudi que l'ancienne candidate à l'Elysée n'est "pas la plus légitime pour incarner la rénovation et la refondation" du parti.

"A mes yeux, au regard de l'offre politique qui est la sienne, au regard de l'échec qui a été le nôtre aux élections présidentielles, elle n'est pas la plus légitime pour incarner la rénovation et la refondation du Parti socialiste", a affirmé sur BFM ce représentant de l'aile gauche du PS.

"Je ne pense pas qu'un socialisme moderne s'incarne dans les choix qu'elle défend aujourd'hui : une sorte d'improvisation en matière stratégique, des choix politiques relativement flous sur le plan économique et sur le plan social", a-t-il assené. Benoît Hamon reconnaît juste à Ségolène Royal d'être "une actrice centrale du débat à gauche".

Se disant "un peu fatigué du réflexe qui est celui de cette génération, qui est entrée aux responsabilités au PS au premier septennat de François Mitterrand (...) et qui aspire aujourd'hui à résumer la politique à une querelle d'egos", Benoît Hamon a émis un souhait pour cette nouvelle année : "J'espère que Ségolène Royal comme d'autres essaieront de garder leurs nerfs".

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