Rock'n'roll sur grand écran

Cette semaine, deux grandes figures du rock s'affichent au cinéma. Les Rolling Stones dans un concert endiablé filmé par Martin Scorsese sous le titre de "Shine a light". Et John Lennon dans un documentaire sur son engagement pour la paix, "Les USA contre John Lennon".

"J'ai voulu devenir prêtre. C'était vers 1956. C'est alors qu'éclata la révolution du rock'n'roll...". Les mots sont de Martin Scorsese. A entendre l'anecdote, on comprend mieux l'importance du rock - et des Rolling Stones - aux yeux du réalisateur américain. Un bref coup d'oeil aux chansons utilisées dans ses films finit de convaincre: "Gimme Shelter" figure dans "Les Affranchis" et dans "Les Infiltrés". On retrouve encore ce titre dans "Casino" aux côtés de cinq autres tubes des Stones dont le fameux "(I can't get no) Satisfaction". Quant à "Mean Street", c'est sur le tonitruant "Jumpin' Jack Flash" que Robert de Niro y fait son entrée en scène.

C'est justement sur cette chanson que s'ouvre le concert du Beacon Theatre de New York filmé en 2006 sous le titre d'un air des Stones "Shine a light". Derrière la caméra (ou plutôt "les" caméras, il y en a seize au total): Martin Scorsese. Plutôt qu'un véritable documentaire - comme il avait pu le faire avec "No Direction Home: Bob Dylan" - le réalisateur a préféré mettre en avant la prestation scénique du groupe britannique. Après plus de quarante ans de carrière, les déhanchements de Mick Jagger sont toujours aussi survoltés, les riffs de guitare de Keith Richards toujours aussi incisifs.

Pour éviter la routine inévitable d'un concert filmé, le show est entrecoupé d'images d'archives qui rappellent le succès éminemment controversé des Stones dans les années 70. Mais les images les plus précieuses - et drôles - sont certainement celles où Scorsese apparaît lui-même. Exalté à l'idée de filmer son groupe fétiche, casse-pied perfectionniste à l'humour typiquement new-yorkais, fan enragé... il apporte une certaine humanité face à ces géants de la musique qui - attitude rock'n'roll oblige - ne quittent jamais vraiment leur rôle de superstars. A l'opposé de la posture superficielle et très paillette des Stones: John Lennon. Pas moins star, mais avec une volonté affichée de se servir de sa popularité à des fins politiques. Comme l'annonce le titre légèrement grandiloquent du documentaire - "Les USA contre John Lennon" -, les deux réalisateurs, David Leaf et John Scheinfeld, ne font pas dans la demi-mesure. Et ne cachent pas leur admiration envers celui qu'ils présentent comme un véritable héros des temps modernes.

Malgré certains excès, le film - construit quasi-uniquement sur des images d'archives - apporte du baume au coeur. On n'apprendra pas grand-chose sur la supposée conspiration du gouvernement américain contre Lennon. Par contre, on retrouvera tout l'engagement politique des années 70. A l'époque où on croyait encore - comme le chantait Lennon - qu'une "revolution" était possible et qu'on pouvait "donner une chance à la paix".

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