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Pont Aven, l'école bretonne

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Publié le 01 juillet 2008 à 00:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 19:37

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De nombreux peintres se sont regroupés dans ce petit village du Finistère à la fin du XIXème siècle. Leurs travaux ont un même esprit, caractérisés par un à-plat de couleurs donnant l'impression d'une profondeur particulière. C'est l'école de Pont Aven.

En 1862, Corot et quelques autres peintres séjournent dans un coin alors reculé de la Cornouaille et sont séduits par la lumière qui y règne. Le premier tableau reconnu de ce groupe d'amis a été exposé au Salon de 1864 : le peintre allemand Otto Weber y propose une "Noce à Pont Aven" qui recueille un certain succès. Deux ans plus tard, Gauguin, fuyant Paris et son coût de la vie trop élevé pour lui, s'installe dans cette petite bourgade, y rencontrant un autre très jeune peintre de talent, Emile Bernard. Ce dernier inspire alors une nouvelle théorie picturale, le synthétisme devenu ensuite le cloisonnisme.

Il s'agit de grands à-plats de couleurs vives cernés d'un trait noir, histoire de contrecarrer la perspective classique, afin d'avoir davantage de profondeur par la superposition d'éléments de tailles décroissantes. Cette technique, inspirée d'estampes japonaises alors très en vogue, va être appliquée par d'autres artistes une dizaine d'années durant. C'est l'école de Pont Aven.

Le charme des lieux et la présence de nombreux artistes a fait de Pont Aven un lieu unique en France, avec l'arrivée de marchands de couleurs, de galeries et d'auberges, tous dédiés à la peinture. L'estuaire de l'Aven, les cotes rocheuses voisines, les paysages champêtres et les habitants ont été les sujets de prédilection, certains s'installant également dans un village voisin, Le Pouldu.

Parmi les artistes classés comme étant membres ou proches de l'école de Pont Aven, outre Paul Gauguin ou Emile Bernard, on peut citer Paul Sérusier, Maurice Denis, Maxime Maufra ou Gustave Loiseau pour les plus connus, mais aussi, moins célèbres, Charles Filiger, Emile Jourdan, Henri Delavallée, Louis Anquetin, Armand Seguin, Charles Laval pour les français. Quelques artistes étrangers ont suivi le mouvement, tels l'irlandais Roderic O'Connor, l'américain Robert Wylie, le polonais Wladyslaw Slewinski, le hollandais Jan Verkade ou le belge Mogens Ballin.

Le mouvement s'est progressivement éteint au début du XXème siècle. Passée cette date, l'action artistique de Pont Aven, toujours aussi attractive, mais plus commerciale, n'a plus la même cote auprès des amateurs, qui parlent alors de la seconde école de Pont Aven, parfois avec distance

Les oeuvres de Gauguin sont inabordables, dépassant le million d'euros... quand elles passent en salle des ventes, ce qui est rarissime. A peine moins onéreuses pour les grands formats (500 à 700.000 euros), mais plus fréquentes, sont les peintures d'Emile Bernard, Paul Sérusier et Maurice Denis. Leurs petits formats restent plus abordables (100.000 euros) car moins appréciés. Les (bonnes) oeuvres de Filiger, Verkade, Slewinski, Lacombe ou Maufra avoisinent les 150.000 euros.

Les sujets traditionnels (bords de mer, personnages, fêtes) sont les plus recherchés et valent, généralement, 20% de plus que les scènes religieuses, les intérieurs bretons ou les natures mortes.

Les amateurs sont très friands de dessins et pastels, souvent des études préparatoires ou des croquis pris sur le vif dans des feuilles de carnet. Les prix sont encore raisonnables: entre 7.500 et 15.000 euros, plus s'ils comportent une annotation manuscrite, plus encore pour la signature de Sérusier ou Gauguin.

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