François Fillon défend son paquet fiscal et croit à la baisse durable du chômage

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Devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre affirme que le paquet fiscal adopté l'été dernier a facilité la réinjection de 9 milliards d'euros dans l'économie, ce qui permet au pays de mieux résister à la crise. Selon lui, le chômage devrait poursuivre sa décrue cette année.

La séance des questions à l'Assemblée nationale, ce mercredi, a donné l'occasion au Premier ministre de défendre les fruits de sa politique depuis neuf mois. En premier lieu, la baisse du chômage "va se poursuivre au cours de l'année 2008", a-t-il déclaré devant les députés.

Dans une interview accordée au magazine L'Express et communiquée mardi, François Fillon déclarait que "nous avons un taux de chômage historiquement bas et les prévisions indiquent que, pour 2008, ce taux devrait, au pis, se stabiliser". Le taux de chômage était de 7,5% au quatrième trimestre au sens du Bureau international du Travail, au plus bas depuis 1983. Les chiffres mensuels du nombre de demandeurs d'emplois seront publiés ce jeudi soir.

Interpellé par François Hollande (PS), le Premier ministre a aussi affirmé mercredi que le paquet fiscal voté à l'été 2007 avait permis de sauvegarder la croissance française en "réinjectant 9 milliards d'euros" dans l'économie, qui "font aujourd'hui la différence avec la croissance dans les autres pays européens".

Le Premier ministre a ajouté, citant les grands organismes de prévision, que les conséquences de la crise américaine seront moindres pour la France que pour le reste de la zone euro. Si "le marché du travail en France est plus dynamique et la demande intérieure plus soutenue", a-t-il dit, c'est "parce que nous avons pris des mesures pour la soutenir" avec le paquet fiscal.

Le chef du gouvernement a estimé que la suppression des charges et de la fiscalité sur les heures supplémentaires avaient "augmenté le pouvoir d'achat des Français qui font des heures supplémentaires dans 60% des entreprises". Quant aux allègements de l'impôt sur la fortune, ils auraient permis "1 milliard d'euros supplémentaire d'investissements dans les PME".

Enfin, le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier aurait "contrecarré le retournement du marché immobilier dans tous les autres pays européens".

François Fillon a réaffirmé sa volonté de poursuivre cette politique, à laquelle il a opposé "le programme présidentiel du PS", accusant notamment la gauche d'avoir conçu "80 milliards de dépenses supplémentaires sans réforme de l'Etat", la "généralisation des 35 heures aux PME" et "une augmentation de la CSG". "Les Français ont eu raison de refuser cette politique, parce que cette politique aurait eu raison de la croissance française", a-t-il conclu.

Carrez défend le paquet fiscal que dénonce François Hollande
Le rapporteur général du Budget UMP et député du Val-de-Marne, Gilles Carrez, a déclaré ce mercredi à l'Assemblée nationale que "le texte (sur le paquet fiscal, NDLR) est encore plus d'actualité qu'en juillet 2007. Par rapport à l'essoufflement de la croissance, on a eu la prescience de voter un texte ciblé sur la croissance, le travail et l'immobilier". Le député du Val-de-Marne ripostait aux critiques de François Hollande. Le premier secrétaire du PS et député de Corrèze a demandé au gouvernement de "renoncer au paquet fiscal", "symbole de toutes les injustices" et "cause de toutes les difficultés. Vous pourriez redéployer ce paquet fiscal dans le désendettement de l'Etat, dans l'amélioration du pouvoir d'achat des Français, dans l'amélioration de l'investissement". S'adressant au Premier ministre, il a déclaré: "Vous avez aujourd'hui le dilemme suivant: ou vous laissez grossir la dette, ou vous augmentez les impôts, ou vous faites un plan de rigueur... Résultat: nous aurons les trois à la fois".Gilles Carrez a au contraire estimé qu'en outre, la loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (TEPA) "pour moitié favorise les heures supplémentaires. C'est une mesure forte au bénéfice du pouvoir d'achat pour les petits salaires". Il salue également la déductibilité fiscale des intérêts d'emprunts immobiliers. "Avoir pris une mesure qui facilite le maintien de la solvabilité des acquéreurs est une mesure on ne peut plus intelligente". Enfin, l'allègement de la fiscalité sur les donations "marche de façon formidable, notamment entre grands-parents et petits-enfants. Depuis l'été dernier, on est presque à un milliard de donation" affirme-t-il.

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