Nicolas Sarkozy annonce la création d'un fonds alimenté par la TVA sur les carburants

Face à l'envolée des cours du pétrole, le chef de l'Etat a annoncé la création d'un fonds alimenté par les surplus de la TVA sur les produits pétroliers afin d'aider les ménages les plus touchés par l'envolée des prix.

Nicolas Sarkozy tient le devant de l'actualité ce mardi matin. Le président de la République s'est d'abord rendu au marché de Rungis dans la région parisienne, avant de consacrer un long entretien sur les ondes de RTL. Et parmi les annonces du jour faite par le chef de l'Etat : la volonté de consacrer les recettes supplémentaires de TVA sur les produits pétroliers à un fonds pour venir en aide aux Français les plus touchés par la hausse du pétrole.

Il a estimé ces recettes supplémentaires à "150 à 170 millions d'euros par trimestre", destinées notamment à porter la prime à la cuve à 200 euros ou à instaurer un tarif social du gaz. Les recettes supplémentaires seront affectées à ce fonds à "partir d'un certain niveau dont nous allons débattre au sein du gouvernement", a-t-il précisé.

Alors que le mouvement de protestation des pêcheurs contre l'envolée des prix du carburant se poursuit (voir article par ailleurs), le chef de l'Etat a estimé qu'il fallait avoir "le courage de dire aux Français" que l'évolution des prix pétroliers n'allait "pas s'arranger".

"Quand on fait son plein, on est affolé par l'augmentation, même si l'augmentation du plein ne correspond pas à l'augmentation du brut. Ca a quasiment triplé, c'est en voie de quadrupler, ayons le courage de dire aux Français ça ne va pas s'arranger", a-t-il déclaré, expliquant : "la demande en produits pétroliers est de plus en plus forte et l'offre n'augmente pas ou très peu".

Chômage et pouvoir d'achat
Alors que l'on attend jeudi le nombre de demandeurs d'emplois en France pour le mois d'avril, Nicolas Sarkozy s'est de nouveau mobilisé ce mardi matin sur ce dossier, se disant sûr que le chômage allait continuer à baisser.

"Mon objectif, c'est le plein emploi, ce n'est pas de gérer le chômage", a-t-il déclaré lors d'une visite matinale au marché de Rungis, en région parisienne. "Le chômage va continuer à baisser, on est à 7,5%", a-t-il ajouté.

En mars, signe du ralentissement économique, le nombre de demandeurs d'emplois était reparti à la hausse, avec une progression de 0,4%. Le gouvernement avait néanmoins maintenu son objectif d'un taux de chômage à 5% en 2012.

Nicolas Sarkozy compte sur "la réforme que nous allons faire sur les chômeurs". "Il faut indemniser ceux qui n'ont pas d'emploi mais ceux qui n'ont pas d'emploi doivent accepter l'emploi qu'on leur propose, ou alors c'est injuste à l'endroit de celui qui travaille", a-t-il déclaré.

"Je comprends les attentes, je suis le réceptacle de toutes ces attentes. J'espère que vous voyez qu'on est en train de faire bouger la France, de faire changer la France pour que chacun ait un emploi", a-t-il également ajouté.

Par ailleurs, le président de la République s'est exprimé ce mardi matin sur les ondes de RTL. Il est notamment revenu sur la préoccupation principale des Français, le pouvoir d'achat. "La vie est chère, la vie est trop chère, la vie est plus chère en France qu'ailleurs et ça ne sert à rien de nier cette réalité", a-t-il déclaré.

En venant sur RTL entre 07H30 et 08H30, le président de la République avait "envie de parler à la France qui travaille, qui se lève tôt (...), qui ne casse pas les abris-bus, qui ne manifeste pas et qui n'en a pas pour autant moins de problèmes que les autres", explique-t-il.

Maintien des 35 heures et retraites
Nicolas Sarkozy est également revenu sur le débat autour des 35 heures, que sa majorité UMP aimerait voir démantelées. "Il y aura toujours une durée hebdomadaire de travail en France et elle sera de 35 heures" a-t-il affirmé. "En revanche, ce que je souhaite, c'est qu'on supprime tous les verrous qui empêchaient les Francais de travailler".

En ce qui concerne les retraites, le président a déclaré qu'il ne porterait pas l'âge de la retraite à 63 ans et demi comme l'a demandé la présidente du Medef, Laurence Parisot, car "ce n'est pas un engagement" de sa campagne présidentielle.

Pas de plan de rigueur
Plaidant longuement pour ses réformes économiques (heures supplémentaires, concurrence, intéressement et participation), Nicolas Sarkozy a catégoriquement exclu tout recours à une politique de rigueur.

"La rigueur consiste à tordre les dépenses pour augmenter les recettes", a-t-il dénoncé, plaidant plutôt pour une politique destinée à "maîtriser les dépenses pour que chaque centime d'euro dépensé soit bien utilisé et en même temps que dans la colonne des recettes, cela augmente". "Voilà pourquoi il n'y aura pas de politique de rigueur: non pas pour des raisons idéologiques, mais parce que cela échoue", a-t-il conclu.

Pas de hausse de la redevance télévisuelle
Sur le dossier de l'audiovisuel public, le chef de l'Etat a catégoriquement exclu toute augmentation de la redevance audiovisuelle pour compenser la suppression annoncée de la publicité dans l'audiovisuel public. Il a même rejeté l'éventualité d'une augmentation modeste de la redevance. "Moi, ma politique, c'est de diminuer l'Etat, de diminuer les prélèvements, de libérer le travail et de faire en sorte que les gens ne soient plus assommés de prélèvements supplémentaires (...) chacun a son idée pour faire un petit prélèvement de plus, je dis c'est non", a conclu Nicolas Sarkozy.

Economies dans le domaine militaire
Nicolas Sarkozy a aussi laissé entendre ce mardi qu'il avait reporté à 2011-2012 sa décision sur la construction d'un éventuel deuxième porte-avions français. Le chef de l'Etat a confirmé qu'il présenterait les grandes orientations du livre blanc en préparation sur la défense à la mi-juin et les futures restructurations début juillet. "Pour le second porte-avions on a un peu de temps, puisque la décision devrait être prise aux alentours de 2011-2012", a-t-il ajouté. "Je veux y réfléchir. C'est une décision lourde."

Nicolas Sarkozy a souligné que s'il voulait respecter tous les engagements de la loi de programmation dont il a hérité, il faudrait "mettre six milliards d'euros (de plus) chaque année dans le seul équipement militaire". "Je le dis : il n'en est pas question", a-t-il ajouté, tout en assurant qu'il ne "baisserait pas la garde", notamment en matière de dissuasion nucléaire et de renseignement spatial. Il a réaffirmé que son objectif était de dépenser pour la sécurité nationale "aux alentours" de 2% du PIB mais confirmé son intention de fermer un certain nombre de bases.

De "nouvelles villes" en Ile-de-France
Le président de la République s'est prononcé pour la création d'"une ou deux nouvelles villes", "écologiques, où il fait bon vivre", "avec un habitat individuel", en Ile-de-France, dans le cadre du "Grand Paris".

"La nouvelle ville, c'est une ville qui tire les conséquences des évolutions architecturales, qu'on tourne le dos à toutes les folies des années 60, qu'on fasse de cette ville la ville du développement durable, avec des énergies durables, avec des transports en commun, avec des gens qui sont heureux d'y vivre, avec un habitat individuel", a précisé le chef de l'Etat.

"Ce n'est que le début d'une réflexion" que devra mener le secrétaire d'Etat à la Région-Capitale Christian Blanc, nommé au gouvernement le 18 mars, a-t-il conclu.

"Entre 250 et 300 millions" d'euros pour le RER A
Le président de la République a annoncé que la RATP, dont l'Etat est l'actionnaire unique, "mettrait entre 250 et 300 millions" d'euros pour la modernisation de la ligne RER A, "la plus fréquentée du monde", avec 1,1 million de voyageurs par jour, aujourd'hui saturée.

"Nous avons décidé que la RATP mettrait la moitié du financement de la modernisation du RER A", a expliqué Nicolas Sarkozy sur RTL, qui a annoncé une enveloppe publique "entre 250 et 300 millions" sur un montant total "de 500 millions".

"Je demande au Syndicat du transport parisien (Syndicat des transports d'Ile-de-France, Stif, présidé par le socialiste Jean-Paul Huchon, ndlr) de faire sa part du travail et de mettre l'autre moitié pour que les travaux de modernisation commencent tout de suite: qu'on commande les nouvelles rames et que d'ici à 12 ans l'ensemble des passagers puissent en bénéficier", a-t-il souligné.

Relations avec François Fillon
Nicolas Sarkozy a assuré que "tout se passe bien" avec son Premier ministre François Fillon avec qui il "travaille en tandem", affirmant qu'on chercherait en vain "à mettre un coin" entre eux deux. "Nous avons un travail à faire ensemble (...) et c'est bien utile d'avoir un Premier ministre comme François Fillon à mes côtés pour gouverner la France", a-t-il ajouté.

Concernant la répartition des rôles, M. Sarkozy ne croit "absolument pas" à la théorie du "domaine réservé", justifiant ainsi les nombreux voyages qui ont éloigné ces dernières semaines François Fillon de la scène politique intérieure alors que lui-même multipliait les déplacements "pédagogiques" en France.

Etats généraux face à la crise de la presse
Nicolas Sarkozy souhaite la réunion d'Etats généraux de la presse écrite, radio et audiovisuelle à l'automne prochain pour trouver des solutions aux problèmes économiques de ce secteur, notamment en favorisant le portage à domicile des journaux et en multipliant les points de vente. Il a également estimé qu'il y avait "un problème de diversification, un problème de seuil", et s'est demandé s'il ne fallait pas créer des groupes multimédias.

"La démocratie ne peut fonctionner avec une presse qui serait en permanence au bord du précipice économique", a expliqué le chef de l'Etat, estimant notamment que le problème d'internet était "considérable".

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