21 % de hausse : pourquoi les capitaux financiers mondiaux s'arrachent l'Europe (et la France)
latribune.fr
Alors que le total des investissements directs étrangers (IDE) en Europe a reculé de 7 % en glissement annuel en 2025, les IDE dans le secteur des services financiers ont atteint leur plus haut niveau depuis 2019, avec une hausse de 21 % du nombre de...
REUTERS - Tingshu Wang
L'Europe économique patine, mais sa finance brille. En 2025, les investissements étrangers dans le secteur bancaire européen ont bondi de 21%. Si Londres reste intouchable, Paris signe un coup d'éclat historique en éjectant Francfort du podium mondial de l'attractivité financière.
Pendant que l'industrie européenne traverse une zone de turbulences, les banques et les fonds internationaux injectent des capitaux massifs sur le Vieux Continent. Le constat du dernier rapport EY sur l'attractivité financière montre en effet que les investissements directs étrangers (IDE) dans les services financiers ont bondi de 21 % en 2025. Le secteur retrouve son plus haut niveau d’activité depuis 2019, porté par une pluie de nouveaux projets.
Paris distance Francfort dans la course aux capitaux
Fait marquant : la France réalise une percée spectaculaire en enregistrant 45 projets financiers d'envergure, soit une hausse de 50 % sur un an. Cette dynamique permet à Paris de capter 13 % de parts de marché à l'échelle européenne. L'Allemagne, en revanche, subit un coup d'arrêt brutal avec une chute de 22 % de ses investissements captés, reléguant la puissance germanique à la troisième place avec seulement 25 projets.
« À l’heure où l’investissement européen dans son ensemble marque le pas, il est impressionnant – bien que cela ne soit pas surprenant – de constater que le secteur des services financiers de la région se démarque et continue d’attirer les capitaux internationaux, commente Stefano Battista (EY Europe West). La forte croissance observée au cours des dix dernières années, notamment en France et sur d’autres marchés européens tels que les Pays-Bas et le Luxembourg, souligne l’étendue et la solidité de l’écosystème des services financiers de la région. Malgré un contexte géopolitique tendu et une conjoncture macroéconomique mondiale difficile, les niveaux records d’IDE enregistrés depuis 2019 témoignent d’un secteur qui non seulement met en avant avec succès l’expertise approfondie des pôles financiers européens, mais fait également preuve de stabilité et de résilience en période de forte incertitude sur les marchés. »
Destination européenne pour les projets de services financiers destinés au marché intérieur (Crédits : EY)
Le Royaume-Uni garde sa couronne, dopé par Wall Street
Malgré l'offensive française, le Royaume-Uni demeure indétrônable. Le territoire britannique consolide sa première place européenne avec 85 projets recensés (+16 %), pesant pour près d’un quart de l’activité totale du continent. Cette hégémonie s'explique en grande partie par la confiance des investisseurs américains. Wall Street a augmenté ses projets en Europe de 40 % en un an. Les géants de New York ont fléché en priorité leurs capitaux vers Londres (29 projets), loin devant Paris (12 projets).
Le paysage mondial reste cependant ultraconcurrentiel. Si le marché salue la solidité réglementaire européenne, les investisseurs internationaux placent Hong Kong et Singapour comme de redoutables rivaux pour les années à venir. La bataille pour capter l'argent de la finance mondiale ne fait que commencer.
Newsletter
Finances
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.
L'explosion des emplois en France Cette bataille de l'attractivité se traduit concrètement sur le marché du travail. Les créations d'emplois liées à ces investissements financiers ont grimpé de 15 % en Europe. À ce jeu, la France affiche une insolente santé avec une hausse de 136 % des postes créés (1 349 emplois), tandis que l'Allemagne voit ses effectifs liés aux investissements étrangers s'effondrer de 45 %.