Face à une incertitude économique persistante, la Banque de France vient de publier une méthode de pondération statistique des scénarios alternatifs. Cette approche vise à stabiliser l'inflation et la production en intégrant la plausibilité réelle des risques, dépassant ainsi les limites de la prévision centrale classique.Les informations à retenir
Comment la Banque de France propose-t-elle d'adapter la politique monétaire à l'incertitude ?
La Banque de France propose de pondérer différents scénarios économiques selon leur plausibilité pour définir une trajectoire de taux d'intérêt optimale, plutôt que de suivre un scénario central unique.
Cette approche intègre des scénarios alternatifs (modéré, sévère) et une catégorie résiduelle « autres » pour refléter fidèlement les anticipations des prévisionnistes professionnels.
Les banques centrales s'appuient traditionnellement sur un scénario central de projections macroéconomiques pour dicter leur conduite. Ce modèle recherche la trajectoire la plus probable du produit intérieur brut (PIB) et de l'inflation. Cependant, il montre ses limites en période de forte volatilité. Ben Bernanke, prix Nobel d’économie 2022 et ex-président de la Réserve fédérale des États-Unis, a récemment fustigé cette méthode dans un rapport pour la Banque d'Angleterre. Il la juge insuffisante et inadaptée.
Le constat est partagé au sein de l'Eurosystème. La revue stratégique 2025 de la Banque centrale européenne (BCE) souligne désormais l'importance des scénarios alternatifs. Stéphane Lhuissier, dans un récent billet de la Banque de France, expose une méthode statistique novatrice.
Quantifier la probabilité pour mieux décider
L'enjeu n'est pas de traiter tous les scénarios de manière égale, mais de quantifier leur vraisemblance. Pour ce faire, la Banque de France utilise la « synthèse prédictive bayésienne ». Cette technique ajuste le poids des différents scénarios pour que la distribution finale se rapproche des anticipations des prévisionnistes professionnels de la BCE. Les scénarios les plus crédibles aux yeux des experts reçoivent ainsi une influence prépondérante sur la décision finale.