EXCLUSIF. Délaissant les agences bancaires, 44 % des moins de 35 ans accordent du crédit à l'intelligence artificielle pour gérer leur patrimoine. Une mutation qui bouscule les codes de la confiance et du risque.Les informations à retenir
Pourquoi les jeunes privilégient-ils l'IA pour leur épargne ?
44 % des moins de 35 ans accordent du crédit aux conseils générés par l'IA.
La clarté des outils numériques est jugée supérieure à celle des canaux traditionnels.
L'accès immédiat et la gratuité de l'info boostent l'usage de ChatGPT ou des réseaux.
Le rapport des Français à l’épargne évolue. Alors que les épargnants tricolores sont connus pour leur aversion au risque, une étude de La France Mutualiste et ViaVoice, réalisée auprès de 1 000 Français représentatifs, affirme que 29 % des moins de 35 ans souhaitent mieux comprendre le fonctionnement de la Bourse et des actions (contre 16 % en population générale) et 24 % celui des cryptomonnaies (contre 16 %). Cet écart atteint environ dix points de pourcentage par rapport à l’ensemble de la population.
Comment expliquer cette dynamique chez les jeunes Français ? « Peut-être qu’ils sont plus appétents au risque », explique à La Tribune Isabelle Le Bot, directrice générale de La France Mutualiste. « Mais la véritable question est de savoir s'ils ont conscience du risque pris », s'interroge-t-elle.
L’appétit des jeunes pour les placements risqués, souvent plus rentables que le livret A, découle aussi d’habitudes différentes de leurs aînés.
« Les jeunes sont globalement plus éduqués financièrement car ils s’informent différemment », note l’experte en placement.
L'IA et les réseaux sociaux, nouveaux tuteurs financiers
Alors que les épargnants plus âgés privilégient les conseils de leurs banquiers et des médias traditionnels, 49 % des moins de 35 ans estiment que les influenceurs spécialisés « communiquent de manière claire ». De plus, 44 % des jeunes accordent du crédit aux outils d’intelligence artificielle, contre 28 % pour l’ensemble de la population.