ENTRETIEN — Le chanteur, révélé par « Nouvelle Star » sur M6, n’a jamais perdu sa capacité d’émerveillement. Confidences d’un insatiable curieux.Tout commence par un sobriquet : « la tortue ». Celui que Marianne James lui attribue le jour de son casting à Nouvelle Star, en 2006. Depuis, Christophe Willem avance à son rythme, comme dans une fable de La Fontaine : là où les lièvres s’élancent, lui persévère. Et sur la durée, la tortue finit toujours par l’emporter. La preuve, deux décennies plus tard, l’artiste en est à son septième album.
Mais, comme souvent chez La Fontaine, les apparences sont trompeuses. Derrière ce surnom, rien d’une carapace : Christophe Willem ne se protège pas, il se raconte. Une fureur de vivre, une capacité à s’émerveiller de tout… et, en même temps, une retenue, comme s’il fallait encore ne pas être « trop ». Ado, il se cachait pour éviter d’être une cible pour ses harceleurs. Résilient, il l’est profondément. Au point d’être élu délégué de classe sans même se présenter. « Ceux qui me connaissaient m’appréciaient. » Pas faux. À 42 ans, il continue d’avancer à son rythme. Les lièvres peuvent bien s’agiter : lui n’attend plus qu’on l’autorise à exister. Ni à durer.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Ce « tu » permanent dans les paroles de Systaime, c’est vous ?
CHRISTOPHE WILLEM — C’est un « tu » qui me permet de m’autoconvaincre de ce que je raconte. On se laisse très vite dépasser par nos peurs, les médias, les réseaux sociaux. Et si on ne reprend pas le contrôle de son libre arbitre, on passe à côté de sa vie. Tout le monde revendique sa liberté, mais concrètement, qui est vraiment libre ?