La nouvelle start-up de Yann Le Cun, qui a quitté Meta, s’apprêterait à lever un demi-milliard d'euros à l'occasion de son lancement. L’enjeu : dépasser les limites actuelles de l’IA générative en misant sur les « world models », une nouvelle génération de modèles capables de raisonner sur le monde réel.Mistral AI bientôt détrôné par un autre Français ? En mai 2023, Arthur Mensch et les autres cofondateurs de la start-up star de l’IA française avaient fait sensation en levant 105 millions d’euros, pour une valorisation de 240 millions d’euros, dès la création de l’entreprise. Du jamais-vu pour une start-up française. Deux ans et demi plus tard, le chercheur star Yann Le Cun s’apprête à pulvériser ce record.
D’après une information du Financial Times, l’ancien patron de Fair, le laboratoire d’IA du géant Meta qu’il vient de quitter, serait en passe de signer une levée de fonds de 500 millions d’euros, sur la base d’une valorisation de 3 milliards d’euros. Le montant serait annoncé début janvier, lors du lancement officiel de sa start-up, baptisée Advanced Machine Intelligence Labs, ou AMI Labs. Si le phénomène n’est pas nouveau outre-Atlantique, ce serait la première fois en France qu’une start-up devient une licorne dès sa création.
Plafond de verre des modèles de langage actuels
Pourquoi cet engouement pour une entreprise qui n’est même pas encore née ? Bien sûr, le nom de Yann Le Cun joue beaucoup dans l’attrait des investisseurs pour son nouveau projet. Le colauréat du prix Turing en 2018 avec les chercheurs Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton, est l’un des pères de l’IA moderne. Ses travaux pionniers sur le deep learning ou apprentissage profond, qui repose sur des réseaux de neurones et une grande quantité de données pour créer des algorithmes d’IA, ont fait exploser l’intelligence artificielle dans les années 2010. Cette approche est l’un des piliers du développement de l’intelligence artificielle générative, qui s’est généralisée depuis fin 2022 grâce à l’arrivée de ChatGPT.
Surtout, Yann Le Cun incarne aujourd’hui ce qui pourrait être le futur de l’IA générative. Avec quelques autres chercheurs stars dont l’Américaine Fei-Fei Li, le Français fait le pari, encore minoritaire aujourd’hui, que les grands modèles de langage actuels (LLM) atteignent leur plafond de verre, et qu’il faut repenser en profondeur leur fonctionnement pour espérer, un jour, atteindre l’intelligence artificielle générale (AGI), le Graal de l’industrie.