Dans un rapport publié ce mercredi, l’OCDE pointe la difficulté des États à traiter le climat, la pollution et la biodiversité ensemble, alors que ces fléaux sont interdépendants. Mais certains pays développent certaines bonnes pratiques, notamment la France.Changement climatique, pollution et perte de biodiversité, trois crises majeures qui donnent des sueurs froides aux gouvernements du monde entier. Problème : la plupart traitent ces enjeux en silo, en élaborant des politiques publiques séparées. Or, selon le dernier rapport de l’OCDE sur les « Perspectives de l’environnement », les trois problèmes non seulement « s’aggravent », mais « se renforcent mutuellement ». Une interdépendance connue par la science, mais qui a beaucoup de mal à se traduire dans l’action publique de terrain.
Directeur de cette étude, Shardul Agrawala, chef de la division « environnement » de l’OCDE, illustre son constat en prenant l’exemple du déploiement des énergies renouvelables, qui peuvent être source de destruction de biodiversité, voire de pollution à la fin de leur cycle de vie. « Ces trois dimensions ne sont souvent pas traitées en même temps, car une politique publique répond en général à un seul objectif global », précise-t-il à La Tribune.
Et son collègue de l’OCDE Rob Dellink, coauteur du rapport publié ce mercredi d’ajouter dans nos colonnes : « Il est donc nécessaire que les décideurs réfléchissent dès le départ aux conséquences de leur politique climatique sur la pollution et la biodiversité. L’idée est d’avoir une approche plus intégrée, et de faire travailler les ministères ensemble. »
La France citée en exemple
Si le rapport constate que le chemin est encore long, il met en avant certaines bonnes pratiques dans les pays membres de l’OCDE. Et la France en fait partie. Yuko Ishibashi, une autre coautrice du rapport, cite le « budget vert » tricolore qui détaille les dépenses favorables et défavorables à l’environnement, au moment de l’examen du projet de loi de finances. Une demande des parlementaires, mise en place depuis six ans désormais.