Élu jeudi à la tête de la fédération des 2.000 coopératives françaises, l’ancien patron des Jeunes Agriculteurs livre sa première interview à La Tribune. Face à la perte de compétitivité de la « Ferme France », il prône un choc de production, dénonce la « boulimie réglementaire » et pointe du doigt une grande distribution jugée « à la limite du monopole ».LA TRIBUNE. Vous allez prendre la présidence de La Coopération agricole (LCA) le 1er juillet, à un moment charnière pour l’agriculture et l’agro-industrie françaises, qui traversent de lourdes turbulences. Quelles sont vos priorités ?
JEAN-LUC DUVAL. Il n’y aura pas de révolution. Je m’inscris dans la continuité de mon prédécesseur, Dominique Chargé, qui a choisi de passer la main au moment où il prend sa retraite d’exploitant agricole. Pendant son mandat, il a su insuffler à LCA une dynamique et une image positives, axées sur les solutions apportées par nos 2 000 coopératives adhérentes. Je partage pleinement cette approche.
Dominique Chargé a justement beaucoup axé son mandat sur la souveraineté agricole et alimentaire. Comment appréhendez-vous cette notion ?
Cette mise en avant de notre production est primordiale. Il ne s’agit pas seulement de nourrir la population, mais aussi de contribuer à notre économie. La France est un grand pays agricole, doté de conditions pédoclimatiques extrêmement favorables et d’un savoir-faire reconnu à l’international. Pourtant, certains pays nous dépassent désormais en volumes de production. Je ne m’y résous pas.
« Nous avons toute légitimité à nourrir les Français et à exporter. »
Nous avons toute légitimité à nourrir les Français et à exporter. C’est une question de volonté politique, face à une autre option, que je refuse, qui consisterait à faire de la France un grand parc naturel. Et quand je parle de production, j’entends l’alimentation du quotidien, pas uniquement les produits d’exception. Je trouve dommage que chez Master Poulet 80 % de la volaille soit importée !