DÉCRYPTAGE. Le marché carbone européen provoque de vifs débats dans un contexte de crise énergétique, liée au conflit en Iran. Qui sont les pourfendeurs et les défenseurs de système pionnier ? Quelle est la position de la France ? Réponses.Les informations à retenir
Quels sont les futurs ajustements prévus pour le système ETS ?
Une révision majeure est attendue en juillet 2026 pour adapter le marché aux nouveaux objectifs climatiques de l’UE à l’horizon 2040.
La Commission européenne, par la voix d’Ursula von der Leyen, exclut pour l’instant toute remise en question profonde du signal-prix du carbone.
Le débat se déplace vers l’efficacité des aides : la France veut prouver que le marché carbone peut financer la modernisation plutôt que de simplement taxer.
La crise énergétique liée au conflit avec l’Iran continue de chahuter le marché du carbone européen, outil pionnier de décarbonation de l’économie de l’Union européenne (UE). En témoignent les débats organisés à Bruxelles cette semaine, à l’occasion des Conseils environnement de l’UE ce mardi, mais aussi de l’énergie. Ces discussions nourriront le sommet des chefs d’État et de gouvernement européens ce jeudi, dont l’objectif est de répondre à la flambée des prix du pétrole et du gaz.
Au centre des débats figure cette question sensible : le prix de l’énergie en Europe, plus élevé que dans les autres espaces économiques concurrents, États-Unis (trois fois moins cher) et Chine en tête. En donnant un prix au carbone, le marché des quotas de l’UE est désormais accusé par ses détracteurs de renchérir la facture énergétique des entreprises européennes.
Quels sont les opposants au marché carbone européen ?
À l’origine de cette fronde se trouvent certains industriels européens de la chimie, du ciment et de l’acier, des secteurs très énergivores et émetteurs de CO2. Début février, à l’occasion d’un sommet à Anvers réunissant leurs filières, ils ont réaffirmé leur position en s’appuyant sur l’inflation des prix du pétrole et du gaz, liée au blocage du détroit d'Ormuz par l’Iran.