L’inspection de 16 Airbus A380 a été imposée par l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) après la découverte de fissures au niveau des ailes de l’un des appareils. Une problématique connue depuis plusieurs années, issue de la faiblesse d’un alliage métallique.Nouvelle alerte pour les ailes de l’Airbus A380. L'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a émis, lundi 22 juin, une directive de navigabilité exigeant l’inspection de 16 exemplaires du superjumbo, dont 15 appartenant à Emirates et un à Qantas. En cause : la découverte de fissures au niveau des longerons de voilure de l’un de ces appareils, des pièces de structure critiques. De quoi « compromettre l'intégrité structurelle de l'aile », soutient le régulateur européen. Le problème est sérieux, mais n’en demeure pas moins identifié depuis plusieurs années.
Le nom du phénomène suspecté : la « fissuration assistée par l’hydrogène en environnement », qui a pour acronyme anglais HEAC. « Contrairement à la plupart des cas de fissuration métallique, celui-ci n'est pas lié à la fatigue mécanique, au nombre de cycles ou au profil de vol des appareils, assure à La Tribune un très bon connaisseur du sujet issu des rangs d’Airbus. Il s'agit en réalité d'un comportement structurel propre à une série d’alliages à base d’aluminium dénommés 7xxx. Or on a découvert ces dernières années que des fissures pouvaient apparaître pour certains d’entre eux avec pour principale cause le facteur temps. »
L'immobilisation au sol accentue le phénomène
Ces alliages 7xxx sont constitués notamment de zinc, de magnésium et de cuivre, et ont été sélectionnés par Airbus au début des années 2000 au niveau de pièces critiques au niveau des ailes, au moment du lancement de l’A380, pour leur résistance et leur légèreté.
« Lorsqu’ils ont été qualifiés, il était impossible alors de déceler ce comportement particulier », poursuit l’expert. Leur sensibilité à l’hydrogène n’avait ainsi pas été anticipée, lequel pourrait provenir soit de l’humidité ambiante favorisée par de fortes chaleurs, soit des procédés de fabrication eux-mêmes. Ce qui, quoi qu'il en soit, laisse planer le doute du risque d’une moindre résistance des ailes.